Bobo-Dioulasso : la mairie lance une opération contre l'élevage dans les concessions

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 30 lectures
Bobo-Dioulasso : la mairie lance une opération contre l'élevage dans les concessions

À Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso, la municipalité a annoncé le 3 septembre 2026 une opération spéciale de capture des animaux en divagation ou élevés dans les concessions, programmée du 7 au 15 septembre 2026. Cette initiative vise à rappeler une interdiction inscrite dans le Code de l'hygiène publique et à répondre aux nuisances croissantes signalées par les riverains.

Une pratique urbaine aux motivations économiques

L'élevage au cœur des concessions n'est pas marginal à Bobo-Dioulasso. Moutons, chèvres, porcs, volailles et parfois bovins cohabitent avec les habitations dans plusieurs quartiers. Pour de nombreux ménages, cette activité constitue une source de revenus, une forme d'épargne ou un moyen de disposer d'animaux destinés à la consommation familiale. La mairie reconnaît elle-même ces réalités économiques et sociales, tout en estimant qu'elles ne doivent pas se développer sans règles adaptées au contexte urbain.

Un rappel juridique assorti de sanctions

Le président de la délégation spéciale de Bobo-Dioulasso s'appuie sur l'article 39 de la loi n° 022-2005/AN du 24 mai 2005 portant Code de l'hygiène publique, qui interdit l'élevage des animaux et l'agriculture en zone urbaine aménagée hors des lieux prévus à cet effet. Les contrevenants s'exposent désormais à la mise en fourrière de leurs animaux, au paiement des droits de fourrière ainsi qu'à des amendes prévues par les délibérations municipales nᵒ 2025-132 et nᵒ 2025-133 du 28 octobre 2025. La commune invite les acteurs concernés, notamment les membres des sociétés coopératives de la filière bétail-viande, à rejoindre le parc à bétail de Kiri ou leurs propres fermes.

Nuisances et risques sanitaires au cœur de la décision

Odeurs, accumulation de déjections, présence de mouches, bruits et occupation des espaces de circulation figurent parmi les désagréments régulièrement signalés par les habitants. La divagation des animaux sur les voies publiques représente également un danger pour les motocyclistes et les automobilistes, un point que la municipalité met en avant pour justifier l'opération. Il s'agit aussi d'un enjeu de salubrité publique, les contacts entre animaux d'élevage et populations urbaines pouvant favoriser la transmission de maladies.

Un test pour les autorités et les ménages

L'efficacité de l'opération dépendra de sa capacité à modifier durablement des habitudes profondément ancrées dans la culture locale. La réussite de cette mesure sera un indicateur de la capacité de la municipalité à faire respecter ses règlements dans une ville où l'élevage en concession reste une réalité sociale et économique pour de nombreux foyers.

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