Le général sénégalais Birame Diop a officiellement pris la tête de la Commission de la CEDEAO le 31 août à Abuja, succédant au Gambien Omar Alieu Touray après un mandat de quatre ans. Son élection, proposée par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, marque le début d’un mandat 2026-2030 placé sous le signe de l’unité, de la solidarité et du renforcement de l’intégration ouest-africaine. Une transition qui s’accompagne d’un remaniement ministériel à Dakar et d’une refonte des priorités de l’organisation.
Un leadership sénégalais pour relancer la CEDEAO
La nomination de Birame Diop, ancien ministre des Forces armées, intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à affirmer son influence au sein de la CEDEAO. Proposée par Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, cette candidature a été officialisée alors que Diop occupait encore un poste ministériel, soulignant l’importance stratégique accordée à cette fonction par Dakar. Son discours inaugural a mis l’accent sur la nécessité de bâtir une institution « unie, cohérente et efficace », insistant sur la collaboration entre les États membres et les parties prenantes.
Sécurité, intégration économique et libre circulation : les priorités du mandat
Parmi les chantiers prioritaires identifiés par Birame Diop figurent le lancement imminent de la monnaie unique Eco, l’amélioration du recouvrement des prélèvements communautaires et la facilitation de la libre circulation des personnes et des biens. La lutte contre le terrorisme, via l’activation d’une brigade dédiée, constitue également un enjeu central. Ces orientations s’alignent sur les priorités fixées par la présidence sénégalaise de la CEDEAO, qui vise à renforcer la cohésion régionale, la sécurité et la coopération économique entre les États membres.
Une équipe renouvelée pour une CEDEAO plus opérationnelle
La cérémonie de prise de fonction a également marqué la passation de pouvoir entre le Nigérian Anthony Ogunjimi et le Togolais Damtien Tchintchibidja au poste de vice-président. Plusieurs autres nominations ont été annoncées, répartissant les responsabilités clés entre les États membres : Kalilou Sylla (Côte d’Ivoire) aux services internes, Francess Alghali (Sierra Leone) aux affaires politiques et à la sécurité, et Dehpue Yenpea Zuo (Liberia) aux affaires économiques et à l’agriculture. Amin Amidu Sulemani (Ghana) prendra en charge les infrastructures, l’énergie et la numérisation, tandis que Nassirou Bako-Arifari (Bénin) dirigera le développement humain et les affaires sociales. Carla Maria Borges Bettencourt (Cap-Vert) devient auditeur général, Palokinam Pitche (Togo) dirigera l’Organisation ouest-africaine de la santé, et Mam Cherno Jallow prendra la tête du GIABA.
Un mandat sous haute tension : entre défis internes et attentes régionales
Le mandat de Birame Diop s’inscrit dans une période où la CEDEAO doit faire face à des défis majeurs, notamment la montée des tensions sécuritaires dans la région et les pressions économiques. La capacité de l’organisation à maintenir son unité et à répondre aux attentes des populations ouest-africaines sera déterminante. Comme l’a souligné Bassirou Diomaye Faye lors de ses échanges avec le nouveau président, la CEDEAO devra agir sur plusieurs fronts simultanément : sécurité, intégration économique et coopération entre les États. Un équilibre délicat à trouver pour un mandat qui s’annonce décisif.