Une avancée scientifique pourrait bien redonner espoir aux cacaoculteurs ivoiriens, confrontés depuis des décennies à une maladie dévastatrice. Des chercheurs de l’université Nangui Abrogoua ont mis au point une bio-solution naturelle, « Vital Plus », pour lutter contre le Swollen Shoot, un virus qui ravage les plantations et menace la production nationale. Les premiers essais, menés sur 300 hectares, affichent un taux de succès de près de 90 % après neuf mois de traitement, offrant une alternative prometteuse à la méthode radicale d’arrachage des arbres infectés.
Les faits essentiels
Une équipe de chercheurs ivoiriens, dirigée par le professeur Mamadou Doumbia, a développé une solution biologique baptisée « Vital Plus » pour combattre le Swollen Shoot, une maladie virale affectant les cacaoyers. Contrairement à la pratique actuelle qui consiste à arracher les arbres malades pour limiter la propagation, cette bio-solution utilise des molécules naturelles issues des végétaux. Le cocktail agit à deux niveaux : il cible directement la cochenille, vecteur de transmission du virus, et renforce le système immunitaire des cacaoyers. Les essais menés sur 300 hectares révèlent un taux de succès de près de 90 % après neuf mois de traitement.
Pourquoi c'est important
Le Swollen Shoot représente une menace majeure pour l’économie ivoirienne, premier producteur mondial de cacao. La maladie, transmise par la cochenille, force les planteurs à arracher les arbres infectés, entraînant des pertes financières considérables. Une solution efficace permettrait non seulement de préserver les plantations existantes, mais aussi de sécuriser les revenus des quelque 800 000 familles dépendant de cette culture. De plus, l’utilisation de méthodes biologiques s’inscrit dans une logique de durabilité, réduisant la dépendance aux pesticides chimiques et limitant l’impact environnemental.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs étapes restent à franchir avant une adoption massive de cette bio-solution. D’abord, son efficacité devra être confirmée à plus grande échelle, notamment dans des zones où la pression du virus est particulièrement forte. Ensuite, les chercheurs devront évaluer la durabilité des résultats sur le long terme, car une réinfection reste possible si les conditions propices à la propagation du virus persistent. Enfin, l’adoption par les planteurs dépendra de leur accès à cette solution, tant sur le plan financier que logistique, ainsi que de la formation nécessaire pour une application optimale. Les prochains mois seront déterminants pour valider son potentiel comme alternative viable à l’arrachage systématique.