Bill Gates propose une fiscalité sur les robots pour financer la transition vers l'intelligence artificielle

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 29 lectures
Bill Gates propose une fiscalité sur les robots pour financer la transition vers l'intelligence artificielle

Le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, propose une refonte profonde de la fiscalité mondiale pour répondre aux défis posés par l'essor de l'intelligence artificielle. En suggérant de taxer les robots et les unités de données (tokens), il cherche à corriger un déséquilibre économique qui favorise actuellement l'automatisation au détriment de l'emploi humain.

Corriger une distorsion fiscale avantageant les machines

Le constat de Bill Gates repose sur une anomalie structurelle : alors que le travail humain est soumis à des charges sociales et des cotisations, l'investissement dans des machines ou des logiciels est souvent déductible des impôts des entreprises. Ce mécanisme crée une incitation financière directe à remplacer les salariés par des solutions automatisées. Pour le milliardaire, cette distorsion fiscale doit être corrigée par une taxe sur les robots, alignée sur les contributions qu'aurait générées un employé humain, afin de financer la reconversion professionnelle et les systèmes de protection sociale.

Taxer l'usage intensif de l'IA

Au-delà des équipements physiques, Gates introduit une proposition inédite : une taxe sur les « jetons » (tokens), ces unités de données traitées par les modèles d'IA. L'idée est de faire contribuer les entreprises proportionnellement à leur usage intensif de l'intelligence artificielle. Cette manne financière permettrait de compenser la baisse des recettes fiscales liées à la diminution des emplois salariés. Toutefois, cette mesure suscite des critiques, certains experts craignant une entrave à la recherche scientifique et une complexité technique insurmontable pour auditer ces flux de données.

Protéger les métiers de l'empathie

En complément de ces mesures fiscales, Bill Gates suggère la création d'une catégorie d'emplois dits « réservés aux humains ». Il estime que des secteurs comme la garde d'enfants, les soins aux personnes âgées ou l'annonce de diagnostics médicaux graves devraient rester le domaine exclusif de l'humain, par respect pour la dignité et l'empathie nécessaires. Gates propose que jusqu'à 40 % des postes puissent être protégés, soit de manière permanente, soit temporairement pour permettre à la société d'absorber le choc de la transition technologique.

Un débat entre compétitivité et régulation

La proposition se heurte à une opposition vive des industriels, qui y voient un frein à l'innovation et à la compétitivité internationale. L'expérience passée, notamment au Parlement européen en 2017, montre la réticence des législateurs à adopter de telles mesures par crainte de handicaper leurs économies face à la concurrence mondiale. Si le consensus est loin d'être atteint, l'initiative de Bill Gates a le mérite de poser une question fondamentale : comment financer le contrat social à l'ère d'une automatisation massive qui, contrairement aux révolutions industrielles passées, s'opère à une vitesse inédite.

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