Le samedi 17 octobre 2026, l'émission Check‑up Santé diffusée sur BFM Business a réuni trois figures majeures du secteur médical et de l'innovation : le chirurgien cardiaque Patrick Nataf, le directeur adjoint du pôle VC en sciences de la vie chez Bpifrance Philippe Boucheron, et le directeur général de Cellectis André Choulika. Le débat, animé par Fabien Guez, a offert un éclairage croisé sur les avancées cliniques, le financement des biotech et les perspectives de développement en Afrique.
Cardiologie française : le point de vue de Patrick Nataf
Patrick Nataf, chirurgien cardiaque à l'hôpital Bichat, a présenté les dernières pratiques opératoires et les défis liés à la prise en charge des maladies cardiovasculaires. Il a souligné l'importance d'une formation continue des équipes et d'un accès élargi aux technologies de pointe, notamment les dispositifs d'assistance circulatoire, pour réduire la mortalité post‑opératoire. Selon lui, le renforcement des capacités locales en Afrique constitue un levier essentiel pour améliorer les résultats cliniques sur le continent.
Le rôle du capital risque dans les sciences de la vie : Bpifrance en action
Philippe Boucheron a détaillé la stratégie d'investissement de Bpifrance en capital risque, axée sur les start‑ups africaines œuvrant dans la santé et les biotechnologies. Il a rappelé que le fonds dédié aux sciences de la vie vise à soutenir les projets à fort impact sociétal, en combinant financement, accompagnement technique et mise en réseau avec des partenaires industriels. Cette approche, a-t-il indiqué, permet de combler le fossé entre la recherche académique et la commercialisation de solutions thérapeutiques adaptées aux besoins locaux.
Cellectis et l'édition génétique : perspectives pour les marchés africains
André Choulika, à la tête de Cellectis, a exposé les avancées de l'entreprise en matière d'édition génétique, notamment l'utilisation de la technologie TALEN pour développer des thérapies cellulaires. Il a évoqué les opportunités de collaboration avec des institutions africaines afin de créer des programmes de recherche conjoints et de former des spécialistes en génomique. Selon lui, l'adoption progressive de ces technologies pourrait accélérer la lutte contre les maladies génétiques et infectieuses prévalentes sur le continent.
Enjeux collectifs et prochaines étapes
Les trois intervenants ont convergé sur la nécessité d'un cadre réglementaire harmonisé et d'un écosystème d'innovation robuste pour favoriser la translation des découvertes scientifiques en solutions de santé accessibles. Ils ont également insisté sur le rôle des politiques publiques et des partenariats public‑privé pour mobiliser les ressources financières et humaines indispensables à la mise en œuvre de ces projets. L'émission a ainsi mis en lumière les synergies possibles entre expertise médicale, financement stratégique et biotechnologie, ouvrant la voie à une amélioration durable des systèmes de santé en Afrique.