Benjamin Sia, l’architecte burkinabè qui a fait entrer l’éducation dans l’ère numérique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 27 lectures
Benjamin Sia, l’architecte burkinabè qui a fait entrer l’éducation dans l’ère numérique

Depuis plus de vingt ans, Benjamin Sia façonne l’éducation burkinabè et africaine en intégrant le numérique là où il compte vraiment : dans les salles de classe, les amphithéâtres et les esprits des enseignants. Pionnier des technologies éducatives, il a transformé la formation ouverte et à distance (FOAD) en un levier d’accès au savoir, tout en plaçant la pédagogie au cœur de chaque innovation.

Un parcours né de la rencontre entre histoire et technologie

Benjamin Sia n’a pas toujours été un spécialiste du numérique. Après des études d’histoire et d’archéologie à l’Université de Ouagadougou, il enseigne l’histoire-géographie au Lycée technique de Ouagadougou entre 2000 et 2008. Mais l’arrivée d’Internet dans les établissements scolaires burkinabè change la donne. Dès 2003, il se forme aux applications pédagogiques des technologies, puis obtient en 2005 un diplôme en intégration des TIC à l’Université de Montréal. Ce virage marque le début d’une carrière dédiée à repenser l’enseignement à l’ère du numérique.

Former les formateurs : la clé d’une révolution silencieuse

Son expertise ne se limite pas à concevoir des cours en ligne. Benjamin Sia a passé deux décennies à former des enseignants, des universités et des institutions à la FOAD. Entre 2008 et 2015, il dirige les formations au Campus numérique francophone de Ouagadougou, où il met en place des équipes d’ingénierie technopédagogique et accompagne des établissements dans la transition vers le numérique. Son approche ? Convaincre, structurer les contenus et familiariser les équipes avec des outils comme Moodle, bien avant que la pandémie ne rende la FOAD indispensable.

Recherche et innovation : comprendre les usages pour mieux les transformer

Son doctorat en sciences de l’éducation, obtenu en 2019 à l’Université de Cergy-Pontoise, lui vaut le Prix Louis d’Hainaut pour sa thèse sur les dispositifs de FOAD. Mais Benjamin Sia ne se contente pas de publier : il étudie les résistances des enseignants face au e-learning, l’usage pédagogique de WhatsApp pendant la Covid-19, ou encore les risques perçus de l’intelligence artificielle dans l’enseignement. Ses travaux reflètent une préoccupation constante : comment le numérique peut-il servir l’apprentissage sans créer de nouvelles fractures ?

L’équité numérique, un combat de toujours

Depuis 2007, il préside l’Association pour un accès équitable aux TIC (EquiTIC), rappelant que la technologie ne suffit pas. Un cours en ligne reste inaccessible sans équipement, connexion ou compétences numériques. Son engagement montre que la révolution éducative passe aussi par une réflexion sur l’inclusion : comment garantir que le numérique ouvre des portes plutôt que d’en fermer ?

L’héritage d’un pionnier : repenser l’éducation, pas seulement la numériser

Benjamin Sia incarne une vision où la technologie sert la pédagogie, et non l’inverse. Son parcours illustre une évidence trop souvent oubliée : une école devient numérique non pas parce qu’elle a des écrans, mais parce que ses enseignants repensent leurs méthodes, que les contenus s’adaptent aux nouveaux supports, et que les apprenants en tirent réellement profit. À l’aube de Le Faso Digital 2026, son travail rappelle que l’innovation éducative commence par une question simple : comment mieux apprendre ?

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