Les bénéficiaires des allocations sociales en Afrique du Sud ont une nouvelle fois interpellé la Sassa (South African Social Security Agency) pour dénoncer des services jugés défaillants. À Bellville, dans la région du Cap, des files d’attente interminables se forment régulièrement devant les bureaux de l’agence, où des centaines de personnes patientent dans des conditions difficiles, parfois sous un froid vif.
Selon les témoignages recueillis sur place, la situation s’est aggravée ces derniers mois, avec des usagers contraints de se présenter dès l’aube, voire la nuit précédente, pour espérer obtenir une assistance. Un homme en situation de handicap aurait même subi une crise convulsive après avoir passé la nuit dehors dans l’attente de son tour. Ces scènes illustrent les tensions persistantes autour de l’accès aux prestations sociales, essentielles pour des milliers de ménages sud-africains.
Un résident de Belhar, qui a souhaité conserver l’anonymat, a expliqué avoir rejoint la file d’attente dès 5 heures du matin pour interroger le processus de révision des allocations. Son témoignage met en lumière les difficultés rencontrées par les bénéficiaires pour obtenir des rendez-vous ou des clarifications sur leur situation administrative. « Je dois me tenir ici seul à 5 heures du matin, alors qu’il fait encore nuit. Chaque fois, on nous dit qu’ils ne donnent pas de rendez-vous pour les révisions. Ils n’en prennent que 20 par jour, et nous devons revenir tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi. Je viens ici pour de l’argent, afin de pouvoir manger et retrouver ma dignité », a-t-il déclaré.
Ces revendications s’inscrivent dans un contexte plus large de mécontentement envers les services publics en Afrique du Sud, où l’accès aux aides sociales reste un enjeu majeur pour des populations souvent vulnérables. La Sassa, chargée de la distribution des allocations, fait régulièrement l’objet de critiques pour ses délais d’attente, ses procédures jugées opaques et ses capacités limitées à absorber la demande. Les retards dans le versement des prestations ou les refus de révision des dossiers aggravent les difficultés économiques des ménages concernés.
Les autorités locales et nationales sont régulièrement sollicitées pour trouver des solutions durables, notamment en améliorant l’organisation des bureaux de district et en renforçant les canaux de communication avec les bénéficiaires. Cependant, les mesures concrètes tardent à se concrétiser, laissant les usagers dans une situation de précarité persistante.