Benedict Oramah appelle l'Afrique à s'affranchir de sa dépendance financière pour transformer son économie

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 7 lectures
Benedict Oramah appelle l'Afrique à s'affranchir de sa dépendance financière pour transformer son économie

Face aux tensions géopolitiques et au protectionnisme croissant, l'Afrique doit impérativement repenser ses stratégies de développement pour transformer les crises mondiales en leviers de croissance. Lors de la 20e conférence annuelle AELEX à Lagos, l'ancien président d'Afreximbank, le professeur Benedict Oramah, a plaidé pour une rupture avec les modèles de dépendance qui freinent encore le potentiel du continent.

La souveraineté financière comme levier de croissance

Le constat dressé par Benedict Oramah est sans appel : le manque de contrôle sur les capitaux constitue le principal obstacle au développement africain. Avec des réserves de change estimées entre 350 et 500 milliards de dollars détenues hors du continent, l'Afrique finance indirectement des économies étrangères au détriment de ses propres besoins. L'ancien dirigeant bancaire préconise un renforcement des institutions financières locales et une montée en puissance du financement en monnaies nationales pour sécuriser les investissements productifs.

Accélérer l'intégration et la transformation industrielle

Pour s'affranchir de l'exportation exclusive de matières premières, le continent doit miser sur la transformation locale et l'intégration commerciale. L'implémentation effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) et l'expansion du système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) sont présentées comme des outils indispensables pour stimuler le commerce intra-africain. Cette dynamique doit s'accompagner d'investissements massifs dans les infrastructures énergétiques et le traitement des minerais critiques.

Le saut technologique pour dépasser les modèles traditionnels

S'appuyant sur le succès de la monnaie mobile au Kenya, Benedict Oramah souligne que la technologie offre à l'Afrique une opportunité unique de « sauter » des étapes de développement industriel classique. Toutefois, cette transition numérique exige une souveraineté technologique accrue, passant par la création de centres de données locaux et une maîtrise des technologies de pointe. De son côté, Bola Adesola, présidente d'Ecobank Nigeria, a insisté sur la nécessité pour les gouvernements et les entreprises de renforcer leur résilience opérationnelle et leurs chaînes d'approvisionnement face aux chocs exogènes.

Une responsabilité partagée entre les échelons de gouvernance

La réflexion s'est également portée sur la gouvernance interne. Fubara Anga, associé fondateur d'AELEX, a rappelé que le développement économique ne peut reposer uniquement sur les gouvernements centraux. Il a appelé à une implication accrue des autorités locales et régionales pour attirer les investissements et piloter des projets de développement concrets, soulignant que la préparation aux crises est une condition sine qua non de la stabilité économique à long terme.

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