Bayer a annoncé un investissement de 2,2 milliards de dollars pour construire une nouvelle usine pharmaceutique à New Albany, dans l’Ohio. Ce projet s’inscrit dans la stratégie de relocalisation de la production aux États‑Unis, encouragée par les mesures tarifaires de l’administration Trump, et devrait créer plusieurs centaines d’emplois qualifiés.
Un pari financier dans le cadre d’une stratégie de relocalisation
Le groupe allemand a indiqué que cet investissement s’ajoute aux plus de 7 milliards de dollars déjà engagés aux États‑Unis au cours des cinq dernières années pour la recherche, le développement et la fabrication de médicaments. Le PDG de Bayer, Bill Anderson, a rappelé que les États‑Unis représentent depuis longtemps un pôle d’innovation et de production essentiel pour l’entreprise.
Incitations tarifaires de l’administration Trump
Depuis 2020, le président Donald Trump a instauré des droits de douane sur certains médicaments brevetés importés et prévoit, à partir de 2028, d’appliquer des taxes sur les génériques venus de l’étranger. L’objectif affiché est de stimuler la fabrication nationale. Les entreprises qui investissent dans des usines locales, comme Bayer, bénéficient de taux douaniers réduits, ce qui rend le projet économiquement plus attractif.
Spécificités du site de New Albany
Le futur complexe se concentrera sur la production de traitements contre le cancer, les maladies cardiovasculaires et les affections rénales. La première phase de l’usine devrait être opérationnelle en 2031, suivie d’une seconde phase prévue pour 2034. Bayer estime que le site générera environ 600 emplois à forte valeur ajoutée, en plus de 1 500 postes temporaires dans le secteur du bâtiment pendant la période de construction.
Implications pour le secteur pharmaceutique américain
Cette initiative illustre la tendance croissante des multinationales à rapatrier leurs capacités de production face aux incertitudes liées aux chaînes d’approvisionnement mondiales et aux politiques protectionnistes. En renforçant la capacité de fabrication locale, Bayer vise à sécuriser l’accès aux médicaments critiques tout en répondant aux exigences réglementaires américaines. Le projet pourrait également encourager d’autres acteurs du secteur à envisager des investissements similaires, accélérant ainsi le processus de « reshoring » dans l’industrie pharmaceutique.