Le Fonds d’entretien routier autonome (FERA) a vu son conseil d’administration renouvelé avec la nomination de Baye Niasse Cissé comme président. Il a présenté une feuille de route ambitieuse, la Vision FERA 2031, qui vise à sécuriser le financement de l’entretien du réseau routier sénégalais tout en renforçant la gouvernance et l’emploi des jeunes.
Entretien préventif du réseau de 16 500 km comme priorité
Le nouveau président a rappelé que le réseau routier classé et les autoroutes du pays s’étendent sur environ 16 500 kilomètres. La stratégie 2031 place l’entretien préventif au cœur des actions, afin de limiter la détérioration et les coûts de réparation à long terme. Cette orientation s’appuie sur les constats du mandat précédent, où la proportion de routes en bon ou moyen état est passée de 82 % en 2023 à 79 % en 2024, un recul jugé alarmant par l’ancien président Outhmane Diagne.
Taxe d’usage de la route (TUR) comme levier de financement durable
Pour garantir la pérennité financière du FERA, Cissé insiste sur une meilleure mobilisation de la Taxe d’usage de la route. Selon lui, la TUR représente une source de revenu sous‑exploité qui, si elle était intégralement recouvrée, permettrait de financer l’ensemble des programmes d’entretien préventif. Le président sortant avait déjà appelé à un recouvrement complet de cette taxe et à la recherche de nouveaux partenariats, mais la nouvelle direction veut aller plus loin en réformant les textes qui régissent le fonds afin d’accroître son autonomie budgétaire.
Programme Xëyu Ndaw Ñi : créer des emplois pour les jeunes
Le FERA relance le programme « Xëyu Ndaw Ñi », destiné à associer les jeunes aux travaux de maintenance routière. Au-delà de la contribution technique, le dispositif vise à offrir une insertion professionnelle durable, en combinant formation sur le terrain et rémunération. Cissé considère ce volet comme essentiel pour concilier les besoins d’infrastructure avec les enjeux sociaux, notamment la réduction du chômage des jeunes.
Renforcement de la gouvernance et continuité institutionnelle
Le mandat précédent a introduit plusieurs outils de gouvernance : tableau de suivi des recommandations du conseil, règlement intérieur, comités d’audit et de rémunération. Cissé a souligné l’importance de consolider ces acquis et d’assurer une gestion transparente des fonds mobilisés. Il a également rappelé que l’intérêt des populations doit rester la priorité, avec un contrôle rigoureux des dépenses et une évaluation régulière de la performance du fonds.