Le détenu Baye Modou Fall, plus connu sous le nom de Boy Djiné, a officiellement saisi le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Dakar. Il accuse des agents de l'administration pénitentiaire du Camp pénal de Liberté 6 de violences physiques répétées et dénonce une prise en charge médicale défaillante ayant entraîné des séquelles irréversibles.
L'origine du conflit au sein du Camp pénal
Selon les éléments de la plainte, les tensions auraient débuté à la suite d'un incident technique lié à une inondation dans la cellule du détenu, provoquée par une coupure d'eau et un robinet resté ouvert. En guise de mesure disciplinaire, les agents auraient retiré le robinet et condamné la conduite d'eau, contraignant le détenu à s'approvisionner à l'extérieur. Cette situation a engendré une confrontation directe entre Baye Modou Fall et trois agents nommément désignés dans la procédure : A. Sané, A. Dialo Diop et M. Seck.
Des lésions auditives aux conséquences irréversibles
Baye Modou Fall affirme avoir subi des brutalités physiques alors qu'il souffrait déjà de rhumatismes. Le préjudice le plus grave concerne son audition : le détenu fait état d'une dégradation majeure de ses capacités auditives, le taux de lésion du tympan étant passé de 30 % à un niveau estimé entre 85 % et 95 %. Il rapporte des sifflements permanents et souligne que les chances de recouvrer une audition normale sont désormais jugées très limitées par le corps médical.
Une prise en charge médicale contestée
Au-delà des violences alléguées, le plaignant pointe du doigt la gestion de son état de santé par l'administration pénitentiaire. Il évoque le développement d'une tumeur dans l'oreille, potentiellement cancéreuse, qui nécessiterait une surveillance accrue pour éviter toute complication cérébrale. Ayant déjà subi deux interventions chirurgicales, dont une pour des ganglions, le détenu dénonce le refus persistant de l'administration de lui fournir l'appareil auditif prescrit par les médecins. Cette plainte soulève des questions sur les conditions de détention et l'accès effectif aux soins spécialisés pour les personnes privées de liberté au sein de l'établissement.