Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a profité de son passage à l'Assemblée générale des Nations unies pour clarifier sa posture politique et institutionnelle. Entre affirmation de ses prérogatives constitutionnelles et défense d'une souveraineté nationale décomplexée, il dessine une trajectoire présidentielle autonome.
L'affirmation de l'autorité présidentielle
Face aux interrogations sur ses relations avec Ousmane Sonko, désormais président de l'Assemblée nationale, Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler le cadre strict de ses fonctions. Il a justifié le limogeage de son ancien Premier ministre en mai 2026 par des divergences persistantes sur la gestion des affaires publiques. Le chef de l'État insiste sur le fait que son action est guidée par le serment prêté devant le peuple sénégalais le 2 avril 2024, et non par une allégeance partisane. Il souligne également sa pleine maîtrise des leviers constitutionnels, incluant les décisions relatives à la dissolution de l'Assemblée ou au calendrier électoral, en s'appuyant sur les avis de la Cour suprême.
Priorités économiques et diplomatie financière
Sur le plan international, le président sénégalais place la stabilité économique au cœur de son agenda. Les négociations avec le Fonds monétaire international constituent une priorité stratégique visant à restaurer la confiance des investisseurs et des partenaires financiers. Dans une démarche diplomatique remarquée, il a apporté son soutien à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, au poste de secrétaire général de l'ONU, arguant que ce profil pourrait porter efficacement la voix de l'Afrique et œuvrer à une réforme du système financier mondial.
Souveraineté et multilatéralisme
À la tribune des Nations unies, le président Faye a plaidé pour une refonte de l'architecture financière internationale, insistant sur la nécessité d'un traitement soutenable de la dette des pays en développement. Il a également promu une vision du multilatéralisme plus représentative du Sud global, tout en affichant les ambitions technologiques et spatiales du Sénégal. Sur les questions de société, il a fermement rejeté toute ingérence étrangère concernant la législation sénégalaise sur les relations homosexuelles, appelant au respect mutuel des choix législatifs nationaux. Cette posture de fermeté s'inscrit dans une volonté globale de réaffirmer l'indépendance décisionnelle du pays, illustrée par la construction sur fonds propres de la Maison des Nations unies à Diamniadio.