Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s'exprime ce jeudi devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Dans un contexte marqué par une intense activité diplomatique, le chef de l'État intervient avec une double casquette : celle de dirigeant du Sénégal et celle de président en exercice de la CEDEAO.
Un plaidoyer pour une réforme du financement mondial
Le chef de l'État sénégalais place le financement du développement au cœur de son intervention. Face à un déficit annuel estimé à 4 000 milliards de dollars pour atteindre les Objectifs de développement durable, il appelle à une refonte de l'architecture financière internationale. Ce discours intervient alors que le Sénégal, dont la dette publique atteignait 132 % du PIB fin 2024, a conclu un accord technique avec le FMI pour un programme de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Au-delà de la situation nationale, le président cherche à attirer des investissements directs étrangers pour diversifier les alliances économiques du pays.
La médiation régionale au Sahel
La question sécuritaire occupe une place centrale dans l'agenda du président. En sa qualité de président en exercice de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye porte une vision axée sur la résolution des conflits armés et la lutte contre le terrorisme. Sa récente visite à Bamako, la première d'un dirigeant de l'organisation régionale dans l'espace de l'Alliance des États du Sahel (AES), souligne sa volonté de privilégier le dialogue. Il devrait présenter cette approche comme une réponse africaine concertée pour stabiliser une région en proie à une instabilité politique persistante.
Souveraineté et gouvernance internationale
Le discours de New York est également l'occasion pour le Sénégal de réaffirmer ses positions sur la gouvernance mondiale. Le président Faye plaide pour une réforme profonde des institutions internationales, incluant une meilleure représentation de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité. Parallèlement, les enjeux de succession à la tête de l'ONU sont suivis de près par Dakar, alors que l'ancien président Macky Sall est candidat au poste de secrétaire général. Des échanges avec Antonio Guterres et des rencontres bilatérales, notamment avec Emmanuel Macron, ponctuent ce déplacement stratégique pour la diplomatie sénégalaise.