En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officialisé son soutien à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, au poste de secrétaire général de l’ONU. Cette prise de position diplomatique, qui s'inscrit dans une procédure de consultation de l'Union africaine, suscite une vive controverse au Sénégal en raison du bilan sécuritaire et politique de l'ancien régime.
Un soutien diplomatique sous haute tension
La décision de Bassirou Diomaye Faye de parrainer Macky Sall place le Sénégal au cœur d'un débat sur la responsabilité politique. Alors que l'Union africaine a initié une « procédure de silence » pour recueillir l'avis des chefs d'État, le président sénégalais estime que son prédécesseur dispose de chances réelles, malgré l'incertitude entourant la position des membres permanents du Conseil de sécurité. Ce choix est toutefois fermement rejeté par des acteurs de la société civile et des figures politiques, dont Guy Marius Sagna, qui dénoncent une tentative de légitimer un bilan marqué par des violences meurtrières et des arrestations arbitraires entre 2021 et 2024. Pour ces opposants, l'ONU ne doit pas servir de refuge à des dirigeants dont la gestion a été entachée par des violations des droits humains.
Réforme des bourses de sécurité familiale
Parallèlement à ses activités diplomatiques, le chef de l'État a détaillé une montée en puissance des dispositifs de protection sociale. Dans le cadre des engagements pris avec le FMI, le gouvernement sénégalais a décidé de doubler l'enveloppe dédiée aux bourses de sécurité familiale, qui passera de 35 milliards à 70 milliards de francs CFA en 2026, pour atteindre 140 milliards en 2027. Cette mesure s'accompagne d'une extension significative du registre national des bénéficiaires, dont la cible est portée de 500 000 à un million de personnes, afin de mieux préserver le pouvoir d'achat des ménages les plus vulnérables.
Négociations sur la dette et cap politique
Sur le plan économique, le président sénégalais a mis en avant les avancées obtenues concernant le traitement de la dette publique. En optant pour le cadre commun du G20, le Sénégal a pu sécuriser des engagements visant à réduire les délais de discussion et de traitement des créances. Face aux critiques internes sur sa gestion et ses choix d'alliances, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé que sa boussole restait l'intérêt supérieur de la nation. Il a souligné que son serment présidentiel, prêté en avril 2024, demeure son unique engagement contraignant, réfutant ainsi les accusations de trahison formulées par ses anciens alliés politiques.