Bassirou Diomaye Faye à la tête de la CEDEAO : priorité à la cohésion et aux réformes

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 25 lectures
Bassirou Diomaye Faye à la tête de la CEDEAO : priorité à la cohésion et aux réformes

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement pris la présidence en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) lors de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, réunie à Freetown. Cette désignation marque une nouvelle étape dans la gouvernance de l’organisation sous-régionale, alors que l’Afrique de l’Ouest fait face à des défis multidimensionnels.

Un mandat sous le signe de la continuité et de l’urgence

Dans son discours d’investiture, Bassirou Diomaye Faye a salué l’action de son prédécesseur, Julius Maada Bio, pour son engagement en faveur de la stabilité, de la cohésion et de l’intégration régionale. Il a souligné la responsabilité qui lui incombe désormais de conduire les destinées de la CEDEAO, tout en rappelant l’héritage des pères fondateurs de l’organisation, dont le cinquantenaire a été célébré récemment. Le président Faye a insisté sur la nécessité de perpétuer cette vision, tout en adaptant ses actions aux réalités contemporaines.

Le chef de l’État a dressé un bilan sans concession de la situation en Afrique de l’Ouest, pointant une économie régionale résiliente mais vulnérable, une insécurité croissante due au terrorisme, ainsi que des tensions internes et externes persistantes. Selon ses propos, ces défis fragilisent les efforts d’intégration et de développement, justifiant ainsi l’urgence de restaurer l’unité au sein de la famille ouest-africaine.

Réformes et souveraineté au cœur de l’agenda

Bassirou Diomaye Faye a mis en avant plusieurs priorités pour son mandat. Il a évoqué la nécessité de rétablir la confiance entre les peuples et les dirigeants, condition sine qua non pour une gouvernance apaisée. Cette confiance, a-t-il précisé, passe par le respect strict de l’ordre constitutionnel et républicain, ainsi que par des réformes institutionnelles visant à moderniser la CEDEAO. Parmi ces réformes, il a cité la révision du protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance, perçue comme un outil essentiel pour préserver les idéaux démocratiques de l’organisation.

La sécurité collective et la prévention des conflits ont également été présentées comme des axes majeurs. Le président Faye a appelé à un renforcement des mécanismes de dialogue et de concertation, tout en insistant sur la nécessité de mobiliser des ressources humaines compétentes au sein de la Commission de la CEDEAO. Par ailleurs, il a souligné l’importance de renforcer la souveraineté politique et économique de la région, afin de donner à l’Afrique de l’Ouest une voix plus audible sur la scène internationale.

Un contexte régional marqué par des défis persistants

L’Afrique de l’Ouest traverse une période complexe, marquée par une recrudescence des coups d’État, des ingérences politico-militaires étrangères et des crises sanitaires et climatiques. Ces facteurs, combinés à l’expansion du terrorisme et aux tensions interétatiques, menacent la stabilité et la cohésion de la région. Dans ce contexte, la désignation de Bassirou Diomaye Faye à la tête de la CEDEAO intervient comme une tentative de relancer l’intégration sous-régionale, tout en répondant aux attentes des populations en matière de sécurité et de développement.

Cette nomination s’ajoute à un autre succès diplomatique pour le Sénégal, qui a également obtenu la présidence de la Commission de la CEDEAO pour la période 2026-2030, confiée à une personnalité désignée par les États membres.

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