La réhabilitation de deux barrages historiques dans la province du Boulkiemdé ouvre une nouvelle ère pour l’agriculture locale. Ces infrastructures, restaurées en un temps record, promettent de booster la production agricole et d’offrir des opportunités économiques durables aux populations rurales.
Des ouvrages stratégiques pour briser le cycle de l’insécurité alimentaire
Dans la province du Boulkiemdé, au Burkina Faso, la mise en eau des barrages de Kokologho et de Gouloré marque un tournant pour les producteurs locaux. Le Premier ministre a officiellement lancé ces infrastructures hydro-agricoles, conçues pour renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques. À Kokologho, la réhabilitation d’un barrage abandonné depuis près de dix-huit ans a permis de restaurer une capacité de stockage de plus de 800 000 m³, tandis qu’à Gouloré, un nouvel ouvrage de plus de 1 020 000 m³ a été entièrement reconstruit. Ces réalisations, financées par l’État et exécutées en trois mois par l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH), s’inscrivent dans une logique de souveraineté alimentaire et de développement rural.
Les travaux ont inclus la protection des digues, leur rehaussement, la réhabilitation des prises d’eau et le curage de sédiments, redonnant ainsi aux agriculteurs un accès à l’eau toute l’année. À Kokologho, l’aménagement d’un périmètre de 25 hectares est déjà prévu, tandis qu’à Gouloré, la digue de 1 114 mètres offre des perspectives en irrigation, pisciculture et création d’emplois. Ces projets illustrent la volonté des autorités de conjuguer reconquête des territoires et amélioration des conditions de vie des populations.
Un levier économique et social pour les communautés locales
Au-delà de leur fonction agricole, ces barrages constituent des catalyseurs de développement local. Le Premier ministre a souligné leur rôle dans la création d’opportunités économiques pour les femmes, les jeunes et les producteurs, en permettant une production continue tout au long de l’année. La reconstruction de ces infrastructures répond à un double impératif : sécuriser les récoltes et diversifier les revenus des ménages ruraux. Les autorités ont également insisté sur la nécessité de préserver ces ouvrages, en appelant les populations riveraines à respecter les zones de servitude et les règles de gestion pour en assurer la durabilité.
Ces réalisations s’ajoutent à une série de chantiers hydro-agricoles en préparation, reflétant une stratégie nationale ambitieuse. En misant sur des infrastructures adaptées et une gestion rigoureuse, le Burkina Faso cherche à réduire sa dépendance aux importations alimentaires et à renforcer l’autonomie des producteurs. Une approche qui pourrait inspirer d’autres pays de la région confrontés aux mêmes défis climatiques et économiques.