Bank Al-Maghrib élargit sa supervision bancaire aux risques émergents

Par Rédaction KUMBA 4 min de lecture 41 lectures
Bank Al-Maghrib élargit sa supervision bancaire aux risques émergents

Le rapport annuel 2025 sur la supervision bancaire publié par Bank Al-Maghrib révèle une refonte profonde de ses missions traditionnelles. Longtemps centrée sur des indicateurs financiers classiques comme la solvabilité, la liquidité ou la rentabilité des établissements, la supervision bancaire intègre désormais des enjeux bien plus larges, reflétant les mutations du secteur financier.

Selon le texte source, cette évolution répond à un constat : la stabilité financière ne se limite plus aux équilibres comptables. Elle dépend désormais de la capacité des banques à anticiper des risques d’une nature nouvelle, qu’il s’agisse de cybermenaces, de transitions environnementales ou de l’émergence de services financiers innovants. Bank Al-Maghrib place ainsi la cybersécurité, la finance verte et l’innovation technologique au cœur de sa stratégie de supervision.

Cybersécurité et résilience numérique

Le rapport souligne le renforcement du dispositif de supervision des cyberrisques, dans un contexte marqué par l’accélération de la digitalisation du secteur bancaire et l’intensification des menaces informatiques. Bank Al-Maghrib indique avoir accru sa coordination avec les autorités compétentes en matière de sécurité des systèmes d’information, afin d’améliorer les mécanismes de prévention et de réponse aux incidents. Cette approche s’inscrit dans une logique de résilience accrue du système financier face aux cyberattaques, dont la fréquence et la sophistication ne cessent de croître.

Finance verte et transition climatique

L’institution consacre une attention croissante aux enjeux climatiques. Le rapport indique qu’elle a consolidé son cadre réglementaire en adoptant des directives relatives à la publication d’informations sur les risques climatiques. Ces mesures visent à renforcer la transparence des établissements sur leur exposition aux aléas environnementaux, notamment via la collecte de données concernant les grands emprunteurs. Par ailleurs, Bank Al-Maghrib participe activement à l’élaboration d’une taxonomie financière verte nationale et à la mise en œuvre d’une stratégie de finance climat à l’horizon 2030. Elle accompagne également les banques dans l’élaboration de plans de transition adaptés à leurs portefeuilles.

Innovation financière et inclusion

La supervision bancaire s’étend désormais aux nouveaux services financiers. Le rapport mentionne le démarrage effectif des activités de financement collaboratif, accompagné d’un dispositif spécifique de suivi. Parallèlement, Bank Al-Maghrib a publié un guide destiné à faciliter les démarches des fintech souhaitant interagir avec le régulateur. L’Open Banking constitue un autre chantier majeur, avec l’appui technique d’une institution internationale et en concertation avec les acteurs bancaires locaux. L’objectif est de structurer un cadre permettant le partage sécurisé des données entre banques et prestataires de services, tout en favorisant l’inclusion financière.

Le projet de loi relatif aux cryptoactifs, actuellement en cours d’examen, s’inscrit dans cette dynamique. Après une consultation publique, le texte vise à encadrer un marché en plein essor, en veillant à concilier innovation et protection des utilisateurs, ainsi qu’à préserver la stabilité financière.

Protection des clients et réformes prudentielles

Bank Al-Maghrib étend également sa supervision à la qualité des services rendus aux clients. L’institution a renforcé son dispositif de protection, notamment en matière de clôture de comptes et de délivrance de mainlevées. Des enquêtes de type « Mystery Shopping » ont été lancées pour évaluer la qualité de l’accueil en agence. Par ailleurs, des efforts sont déployés pour améliorer la transparence tarifaire et l’accessibilité des services, y compris pour les personnes en situation de handicap. Ces mesures illustrent une vision élargie de la stabilité financière, où la confiance des usagers et la qualité des services occupent une place centrale.

Enfin, plusieurs réformes prudentielles sont en cours, dont l’examen d’un projet de loi sur le régime de résolution bancaire au Parlement. Un autre texte, relatif à la transférabilité des créances en souffrance, a été transmis aux autorités compétentes, tandis que de nouvelles règles encadrant leur classification et leur provisionnement ont été adoptées. Ces évolutions traduisent une approche plus prospective de la supervision, visant à préparer le secteur bancaire aux chocs futurs, qu’ils soient technologiques, environnementaux ou géopolitiques.

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