Vingt‑et‑un enseignants de la circonscription de Bané ont achevé une formation intensive de deux semaines à l’école primaire de Boumbin, afin de préparer le déploiement de l’éducation bi‑plurilingue dans les classes de CP1 dès la rentrée 2026‑2027. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale visant à valoriser les langues locales et à améliorer la compréhension des apprentissages chez les jeunes élèves.
Une session de formation ciblée pour les acteurs de terrain
La formation, organisée par la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Bané, a réuni 21 participants : 11 directeurs d’établissement et 10 adjoints. Au programme, la transcription, la lecture et l’écriture en langues nationales, ainsi que la didactique adaptée aux disciplines du primaire. Le formateur, Locré Bangré, a souligné la ponctualité et l’assiduité des enseignants, même dans un contexte logistique difficile, et a jugé les acquis « très satisfaisants ».
Le chef de la CEB appelle à un engagement renforcé et prévoit un suivi terrain
Théodore Zougmoré, chef de la CEB de Bané, a félicité les participants et a exhorté l’ensemble des acteurs éducatifs à soutenir la mise en œuvre concrète de la réforme. Il a indiqué que les écoles bénéficiaires pourront s’appuyer sur les matériels pédagogiques déjà disponibles, en attendant les ressources annoncées par le ministère. Le Comité de suivi de la CEB (CCEB) prévoit des sorties de terrain, en collaboration avec les encadreurs pédagogiques, pour accompagner les enseignants, évaluer les pratiques et assurer la distribution de guides et manuels complémentaires.
Premiers retours des directeurs et enseignants sur l’impact du bilinguisme
Le directeur de l’école de Ouâda traditionnel, Toubga Gousba, a témoigné d’une meilleure participation des élèves lorsqu’ils travaillent dans leur langue maternelle, notamment lors des activités de « nouvelles de la classe ». Il a toutefois souligné le manque de documents pédagogiques et s’est engagé à mettre en pratique les nouvelles techniques de transcription en mooré. De son côté, l’enseignant Issouf Bossimborgo, de l’école de Natenga, a illustré l’intérêt de la langue locale en citant l’apprentissage des noms des mois en mooré, qui reflètent les variations climatiques, comme le terme « tuulg‑kiugu » pour désigner le mois de mars, généralement chaud.