Bamako 2026 : la photographie africaine réinvente l’art et les récits

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 48 lectures
Bamako 2026 : la photographie africaine réinvente l’art et les récits

La capitale malienne s’apprête à devenir, pour deux mois, le cœur battant de la photographie africaine contemporaine. Du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027, la 15e édition des Rencontres de Bamako réunira 49 artistes venus de tout le continent et de sa diaspora, dont deux Sénégalais de renom : Djibril Dramé et Souleymane Bachir Diaw. Une sélection qui illustre la vitalité d’une scène artistique en pleine réinvention, loin des clichés traditionnels.

Un laboratoire vivant de l’image africaine

Depuis 1994, les Rencontres de Bamako s’imposent comme un événement phare de la photographie contemporaine africaine. Plus qu’une simple exposition, cette Biennale est un espace de dialogue, de création et de visibilité internationale, attirant chaque édition des milliers de visiteurs : artistes, commissaires, chercheurs, collectionneurs et professionnels du secteur. La 15e édition, dirigée par Armelle Dakouo – première femme francophone africaine à assurer le commissariat général –, marque une étape historique. Son ambition ? Transformer Bamako en un laboratoire vivant de l’image, où les récits africains seront réinventés à travers des expositions, des ateliers, des projections et des rencontres professionnelles. La programmation s’étendra dans une dizaine de lieux emblématiques, dont le Musée national, la Maison Africaine de la Photographie et le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ.

Refabulation(S) : déconstruire pour mieux recréer

Le thème de cette édition, Refabulation(S), s’inspire des travaux de l’écrivain nigérian Chinua Achebe. Il invite les artistes à explorer la puissance des images dans la construction des réalités et des imaginaires. L’enjeu est double : déconstruire les stéréotypes hérités de l’histoire coloniale et proposer une vision plurielle, créative et affirmée de l’Afrique. Comme l’ont souligné les participants lors des préparatifs, la photographie devient ici un outil de résistance et de réinvention identitaire. Parmi les 49 artistes sélectionnés, on retrouve des profils variés : photographes, archivistes, artistes de studio, installateurs et vidéastes. Leur travail, à travers des médiums diversifiés, contribuera à façonner une Afrique en mouvement, où l’image n’est plus un simple reflet, mais un acte de création et de réappropriation.

La sélection met en lumière des talents issus de tous les horizons géographiques et artistiques. Outre les Sénégalais Djibril Dramé et Souleymane Bachir Diaw, on note la présence de l’artiste brésilien Ayrson Heráclito, de la Mozambicaine Euridice Zaituna Kala, de la Franco-Haïtienne Gaëlle Choïsne, ou encore de la Malienne Fatoumata Diabaté, dont les travaux s’attachent à valoriser le patrimoine photographique local. Un hommage particulier sera rendu à Malick Sidibé, figure majeure de la photographie malienne, à travers une exposition et une pièce de théâtre en son honneur.

Les accréditations pour les professionnels et les médias ouvriront le 31 juillet 2026, tandis qu’un programme de résidences artistiques renforcera l’aspect collaboratif de l’événement. Une occasion unique de découvrir, en images, une Afrique qui se raconte elle-même, sans filtre ni concession.

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