Le 1er jour suivant la décision de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) de baisser le prix du litre d'essence de N66, plusieurs stations-service de la capitale du Kebbi, Birnin Kebbi, ont fermé leurs pompes, plongeant les automobilistes et les travailleurs dans une pénurie de carburant.
Une réduction de tarif qui ne se traduit pas par un approvisionnement
La NNPC a annoncé une baisse du prix du carburant dans le but de soulager le coût de la vie. Cependant, dès le lendemain, des commerçants indépendants ont suspendu leurs ventes, invoquant l'impossibilité de proposer le nouveau tarif sans subir de pertes. Un gérant de station, resté anonyme, a confirmé que son stock avait été acheté à un prix supérieur à la nouvelle offre, rendant la vente à perte inacceptable.
Conséquences immédiates pour les usagers et les travailleurs
Les fermetures ont rapidement limité la circulation automobile dans la ville. De nombreux conducteurs ont préféré rester à l'écart des routes, tandis que des salariés du secteur public, comme Aminu Muhammed, ont signalé que l'absence de carburant perturbait leurs déplacements quotidiens, certains restant chez eux. Les conducteurs de véhicules commerciaux ont également dû garer leurs engins, faute de pouvoir se ravitailler.
Des prix élevés malgré la baisse officielle
Dans les rares stations qui ont maintenu leurs services, les prix affichés ont parfois atteint N1 500 le litre, bien au‑delà de la réduction annoncée. Les usagers ont dû patienter plusieurs heures dans des files d'attente, tandis que les opérateurs de transport informel, les « kabu‑kabu », ont exprimé leur frustration face à une situation qui ne leur apporte aucun allègement économique.
Enjeux pour la politique énergétique nigériane
Ce revirement met en lumière les difficultés structurelles du marché nigérian du carburant : la décision de réduire les prix, prise au niveau national, ne s'est pas accompagnée d'un ajustement des coûts d'approvisionnement pour les distributeurs locaux. Le risque est une perte de confiance des consommateurs et une pression accrue sur les autorités pour garantir la disponibilité du produit à un prix réellement accessible.