Le principal indice marocain a perdu 10,4 % depuis le début de l'année 2026, alors même que les bénéfices des sociétés cotées ont progressé de 6 % au premier semestre. L’étude d’Attijari Global Research montre que les investisseurs privilégient désormais les risques macrofinanciers, la hausse des taux et le choc énergétique, reléguant les résultats d’entreprise au second plan.
Une trajectoire boursière en recul continu
Le MASI a commencé 2026 à 19 555 points, affichant une hausse de 3,8 % le 6 janvier. Une correction a suivi, portant l’indice à 16 399 points le 3 mars, soit une baisse de 13 % depuis le début de l’année. Au 6 octobre, il s’établissait à 16 893 points, confirmant la tendance baissière malgré la publication des comptes semestriels.
Des bénéfices en hausse, mais loin des attentes
Après des progressions annuelles d’environ 15 % entre 2022 et 2025, les sociétés cotées hors secteur minier n’ont enregistré qu’une croissance de 6 % au premier semestre 2026. Cette amélioration, bien que positive en valeur absolue, déçoit des investisseurs habitués à des rythmes plus soutenus, ce qui explique en partie la désaffection du marché.
Les investisseurs institutionnels se tournent vers le revenu fixe
Dans un contexte de hausse des taux d’intérêt, les acteurs institutionnels ont renforcé leur préférence pour les placements à rendement fixe, au détriment des actions. Cette réallocation de capitaux réduit le soutien habituel que ces acteurs apportent aux cours boursiers, accentuant la volatilité lorsque les valorisations ne sont pas soutenues par une demande institutionnelle solide.
Le choc énergétique, facteur d’incertitude majeur
Le maintien de tensions sur les marchés de l’énergie alimente trois risques interconnectés : une possible résurgence de l’inflation, une nouvelle hausse des taux d’intérêt et une révision à la baisse des prévisions de croissance économique par Bank Al‑Maghrib. Chacun de ces scénarios pourrait freiner davantage la reprise du MASI, même si les résultats d’entreprise restent positifs.