Le chef d'Akyem Essase, Baffour K.S. Sikabede, a solennellement appelé le gouvernement ghanéen à transformer le rôle des autorités traditionnelles dans le secteur extractif. Lors du quatrième colloque annuel du département de science politique de l'Université d'éducation de Winneba, il a plaidé pour une consultation systématique et un soutien logistique accru aux chefs avant toute attribution de concessions minières sur les terres coutumières.
Une gouvernance environnementale déconnectée des réalités locales
Pour Baffour Sikabede, l'approche actuelle des autorités centrales est contre-productive. En n'impliquant les chefs qu'une fois les dommages environnementaux constatés, l'État affaiblit leur capacité de protection des forêts et des cours d'eau. Le chef traditionnel rappelle que les autorités coutumières ne sont pas des figures purement symboliques, mais les gardiens historiques des écosystèmes. Par le biais de règles ancestrales et de tabous, ces derniers ont longtemps assuré la préservation de zones naturelles, considérant les rivières comme des entités vivantes plutôt que comme de simples ressources à exploiter.
Le défi de l'application équitable de la loi
Le constat dressé par le chef d'Akyem Essase pointe une carence majeure : le manque de courage politique dans l'application des textes existants. Selon lui, le Ghana dispose d'un arsenal législatif suffisant en matière de mines et de foresterie, mais échoue à l'appliquer de manière uniforme. Il dénonce une justice à deux vitesses qui épargnerait les détenteurs de concessions influents basés dans la capitale, tout en étant intransigeante avec les petits exploitants isolés. Cette disparité dans l'application des normes est, selon lui, le véritable frein à une gestion durable des ressources.
Responsabilité partagée et intégrité coutumière
Face à cette situation, Baffour Sikabede appelle à une double responsabilité. D'une part, il exhorte ses pairs chefs traditionnels à faire preuve d'une intégrité sans faille, refusant les incitations financières qui compromettent l'avenir des communautés au profit de simples redevances. Il a d'ailleurs réaffirmé sa détermination à interdire toute activité minière illégale sur les terres d'Akyem Essase. D'autre part, il encourage le monde académique et la jeunesse à s'impliquer davantage dans la défense des ressources naturelles, soulignant que les décisions prises aujourd'hui pèseront directement sur les générations futures qui hériteront de ces terres.