Le chroniqueur Badara Gadiaga a estimé, lors d'une intervention sur la TFM, que la vague de limogeages ayant frappé plus de 80 directeurs généraux et présidents de conseil d'administration proches de Pastef était parfaitement prévisible et que les intéressés auraient dû démissionner avant d'être sanctionnés par le président de la République. Il a également pointé un décalage entre le discours de sacrifice patriotique porté par le parti au pouvoir et le comportement de certains de ses cadres une fois installés à la tête d'institutions publiques.
Un coup de balai présidentiel jugé prévisible
Le Conseil des ministres exceptionnel présidé par Bassirou Diomaye Faye a conduit au renvoi de plus de 80 hauts responsables proches de l'ancien leader de Pastef, Ousmane Sonko. Pour Badara Gadiaga, cette décision était dans la logique des événements. Il a estimé que toute personne disposant d'une « once de dignité » n'aurait jamais attendu un ordre de limogeage du chef de l'État pour quitter un poste qu'elle occupait déjà de manière contestable.
L'indignité du maintien en poste
Le chroniqueur a particulièrement visé le comportement des cadres restés en poste malgré leurs attaques répétées contre le président de la République, qu'ils qualifiaient de « traître ». Selon lui, il est « indigne » que ces responsables aient continué à diriger des agences et des sociétés publiques tout en tenant des propos aussi hostiles à l'égard du chef de l'État qui les avait nommés. Une démission volontaire aurait, selon lui, été une démarche bien plus cohérente.
Le décalage entre rhétorique et exercice du pouvoir chez Pastef
Badara Gadiaga a élargi sa critique à Pastef en tant que formation politique. Il a opposé le discours du parti, fondé sur le don de soi pour la patrie, à la réalité de l'exercice du pouvoir par ses membres. « Le Pastef est un parti qui nous a vendu le don de soi pour la patrie. Mais l'exercice du pouvoir a montré le contraire », a-t-il affirmé, dénonçant un fossé entre la rhétorique patriotique du mouvement et les pratiques de certains de ses cadres une fois en poste.