Le chroniqueur Badara Gadiaga a commenté, lors de son passage dans l’émission « Jakaarlo Bi » diffusée sur la Tfm, la décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi de révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale. Pour lui, cette décision marque une victoire politique et juridique pour le président Bassirou Diomaye Faye face à son ancien mentor, Ousmane Sonko. Selon ses propos, cette séquence institutionnelle illustre une rupture assumée entre les deux hommes, Sonko ayant, selon ses propres termes rapportés par l’intervenant, toujours désigné Diomaye comme l’incarnation de « l’esprit du projet Pastef ».
Badara Gadiaga a salué la posture du chef de l’État, qu’il présente comme ayant « pris ses responsabilités face à l’histoire » après avoir été, selon lui, « attaqué et minimisé » par sa propre formation politique. Le chroniqueur s’est en revanche montré critique envers le groupe parlementaire Pastef, qu’il accuse d’avoir cherché à modifier la Constitution « pour des simples besoins politiques », en s’appuyant sur des « députés irréfléchis, irresponsables ». À l’inverse, il a salué le rôle de la haute juridiction constitutionnelle, qu’il présente comme un rempart des « principes républicains » face aux dérives supposées de la majorité parlementaire.
Le Conseil constitutionnel a, dans sa décision rendue publique, déclaré contraire à la Constitution la loi portant révision de la loi fondamentale, adoptée par l’Assemblée nationale. Le recours avait été introduit en procédure d’urgence par le président de la République, invoquant une violation de la procédure de révision constitutionnelle. La haute juridiction a d’abord affirmé sa compétence pour vérifier les conditions d’adoption, la régularité de la procédure et le respect des limites constitutionnelles encadrant l’exercice du pouvoir constituant dérivé.
Sur le fond, deux vices substantiels de procédure ont été retenus. Le texte institue de nouvelles charges publiques sans recettes financières compensatoires, en violation d’une disposition constitutionnelle. Par ailleurs, l’Assemblée nationale n’aurait pas respecté la procédure de vote unique, qui impose aux députés de se prononcer globalement sur le texte tel qu’amendé et validé par l’exécutif. En conséquence, la loi ne peut entrer en vigueur et les dispositions constitutionnelles actuellement applicables demeurent en l’état.
Badara Gadiaga a résumé cet épisode en soulignant que le Pastef maîtrisait, selon lui, les rapports de force dans l’espace public, mais commettait des « erreurs de procédure » lorsqu’il s’agissait d’affronter ses adversaires sur le terrain du droit.