Un baccalauréat sous tension à Sédhiou

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Un baccalauréat sous tension à Sédhiou

Seuls trois élèves en sciences sur 5 111 inscrits Le baccalauréat 2026 à Sédhiou s’ouvre sous les apparences d’un calme trompeur. Les salles de classe résonnent des murmures des 98 % de candidats présents. Pourtant, derrière ces chiffres rassurants, une réalité crève les yeux : parmi les 5 111 élèves en lice, à peine trois se sont orientés vers la filière scientifique S1. Trois.

Un déséquilibre criant Comment expliquer ce choix ? Les séries littéraires et économiques dominent, écrasant les vocations scientifiques. Le Sénégal, pays qui mise sur l’innovation et la technologie, voit ici un symptôme d’un système éducatif en décalage. Les parents hésitent, les lycées manquent d’attractivité. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une filière scientifique quasi inexistante dans une région où l’avenir se joue aussi dans les laboratoires.

Le lycée d’excellence, dernier espoir ? Pourtant, les autorités misent tout sur le LYNAQE, le lycée d’excellence de la région. Son ouverture récente promet de changer la donne. Avec ses infrastructures modernes et ses programmes renforcés, il devrait attirer les talents. Mais suffira-t-il à inverser une tendance ancrée depuis des années ? Les résultats des années passées montrent une résistance tenace des élèves et des familles à embrasser les sciences.

Un enjeu national, une urgence locale Sédhiou n’est pas un cas isolé. Partout au Sénégal, les séries scientifiques peinent à séduire. Pourtant, dans un monde où la révolution technologique redessine les frontières du progrès, comment former une jeunesse capable de rivaliser ? Les trois élèves de S1 en 2026 ne suffisent pas. Ils ne suffiront jamais.

Et si le problème venait des mentalités ? Les sciences effraient. Elles semblent trop difficiles, trop éloignées des réalités quotidiennes. Pourtant, elles offrent des portes vers des métiers porteurs. Les parents, souvent formés à une époque où les sciences n’étaient pas une priorité, reproduisent ces préjugés. Comment briser ce cercle vicieux ?

Le LYNAQE peut-il tout changer ? Le lycée d’excellence représente une lueur d’espoir. Ses laboratoires équipés, ses professeurs formés, ses méthodes pédagogiques innovantes devraient séduire. Mais le défi reste immense : convaincre les familles que les sciences ne sont pas un luxe, mais une nécessité. Sans cette prise de conscience, les trois élèves de S1 resteront une exception.

Un appel à l’action Sédhiou attend des réponses. Le Sénégal aussi. Les autorités locales et nationales doivent agir : sensibiliser, former, inciter. Sinon, dans dix ans, le pays regrettera d’avoir laissé filer une génération entière loin des sciences. Alors, comment transformer cette région en terre de talents scientifiques ? La question mérite une réponse urgente. Et vous, que feriez-vous pour y parvenir ?

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