Les avocats marocains poursuivent leur mobilisation contre le projet de loi encadrant leur profession. À Casablanca, des centaines de robes noires se sont rassemblées mercredi devant la Cour d’appel pour exprimer leur rejet du texte, dans un sit-in organisé par l’Association des jeunes avocats de la ville.
Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique nationale portée par l’Association des barreaux du Maroc, qui coordonne des actions similaires dans plusieurs juridictions du pays. À Rabat, des avocats retraités avaient déjà manifesté devant le Parlement pour dénoncer le même projet. Selon le texte source, les professionnels dénoncent l’absence de concertation dans l’élaboration du texte et le non-respect des accords antérieurs conclus avec la profession.
Les avocats estiment que le projet de loi, tel que rédigé, ne garantit pas l’indépendance de leur mission ni ne renforce leur rôle constitutionnel dans la défense des droits et des libertés. Ils soulignent que toute réforme doit préserver la spécificité de leur fonction au sein du système judiciaire. Certains membres de la profession ont également critiqué le ministre de la Justice, à l’origine du texte, qu’ils accusent de ne pas avoir tenu compte des revendications portées par les représentants élus de la profession.
Le texte a été transmis à la Cour Constitutionnelle pour examen de sa conformité avec la Constitution. Les avocats appellent le gouvernement à retirer le projet et à engager une réécriture en collaboration avec les instances représentatives de la profession. Ils considèrent que le texte actuel menace leurs acquis et leurs droits, obtenus après des années de négociations.
Cette mobilisation illustre les tensions récurrentes entre les pouvoirs publics et les professions réglementées au Maroc, où les réformes législatives touchant des secteurs sensibles sont souvent perçues comme des tentatives de contrôle accru par les autorités. La question de l’indépendance de la justice et des corps intermédiaires reste un enjeu central dans le débat public.