En 2022, les 1 % les plus riches des États-Unis perçoivent 16 % des revenus avant impôt tout en versant 40 % de l’impôt sur le revenu, un déséquilibre qui montre la montée en puissance de la progressivité fiscale dans les économies avancées.
Évolution du revenu des 1 % aux États-Unis
Les données montrent que la part du revenu avant impôt attribuée aux 1 % les plus aisés est passée de 9 % en 1980 à 16 % en 2022. Cette hausse reflète une concentration accrue des revenus au sommet de la pyramide, phénomène observé dans la plupart des pays riches depuis les années 1980.
Part de l’impôt sur le revenu prise par les 1 %
Malgré cette progression du revenu, la contribution fiscale de ce groupe a augmenté de façon disproportionnée : les 1 % des Américains paient aujourd’hui 40 % de l’impôt sur le revenu national. Cette part dépasse largement leur proportion dans le revenu total, indiquant que les barèmes d’imposition sont devenus nettement plus progressifs.
Progressivité fiscale dans les pays riches
Le phénomène n’est pas limité aux États‑Unis. En Europe, la part du revenu des 1 % est passée de 8 % à 12 % sur la même période, tandis que les systèmes fiscaux ont également renforcé leur progressivité. Dans de nombreux pays, cet effet a largement compensé la montée des inégalités de revenu, limitant l’écart entre les classes sociales malgré une répartition pré‑impôt de plus en plus inégale.
Enjeux pour les politiques publiques
Un poids fiscal aussi élevé des ménages les plus riches peut avoir des conséquences contre‑productives. Si les recettes publiques dépendent fortement de ce segment, toute modification de la législation ou de la capacité contributive des très hauts revenus pourrait affecter la stabilité budgétaire. Par ailleurs, la perception d’une charge fiscale disproportionnée peut alimenter les débats politiques autour de la justice fiscale et du rôle de l’impôt dans la réduction des inégalités.