L'Autriche a enregistré 646 décès imputables aux canicules sur la seule période juin-juillet, un chiffre inédit qui dépasse le précédent record de 570 morts établi sur la même période en 2024, a annoncé dimanche l'agence nationale de santé AGES. Cette surmortalité, calculée à partir d'un modèle statistique, survient dans un contexte de vagues de chaleur répétées et de sécheresse persistante qui ont frappé une grande partie de l'Europe cet été.
Un été de records thermiques successifs
Les deux mois concernés ont vu les températures battre des marques historiques en Autriche. Début août, la commune de Bad Deutsch-Altenburg, située dans l'est du pays, a relevé 41,2 °C, dépassant le record précédent de 41 °C mesuré à Vienne la veille. Ces pics s'inscrivent dans une série d'épisodes de chaleur extrême qui ont touché l'ensemble du continent, accompagné d'un déficit hydrique marqué.
AGES : un modèle statistique pour mesurer la surmortalité
L'agence autrichienne pour la santé et la sécurité alimentaire (AGES) évalue l'impact des canicules grâce à un outil statistique qui analyse la surmortalité, c'est-à-dire l'écart entre les décès observés et ceux attendus en période normale. Les 646 morts recensés en juin et juillet 2025 constituent ainsi un signal quantifiable de l'aggravation des conséquences sanitaires du réchauffement sur les populations les plus exposées, notamment les personnes âgées et celles souffrant de pathologies chroniques, même si l'agence ne détaille pas la répartition par âge ou par profil.
L'Europe, continent au réchauffement le plus rapide
Selon les scientifiques cités, le changement climatique d'origine humaine intensifie et multiplie les phénomènes météorologiques extrêmes. L'Europe est aujourd'hui identifiée comme le continent qui se réchauffe le plus vite au monde, ce qui rend ces chiffres autrichiens particulièrement significatifs pour l'ensemble de la région. La répétition d'étés records pose avec une acuité nouvelle la question de l'adaptation des systèmes de santé, de l'urbanisme et des politiques de prévention face à des chaleurs désormais structurelles, et dont les effets sur la mortalité devraient rester un indicateur central à surveiller dans les années à venir.