Le ministre nigérian des Travaux publics, Dave Umahi, a réaffirmé la pertinence des décisions techniques prises concernant le tracé de l'autoroute côtière Lagos-Calabar. Face aux pétitions contestant la modification du parcours dans l'État d'Ondo, le gouvernement fédéral soutient que ces ajustements sont indispensables pour garantir la durabilité de cet ouvrage majeur, qualifié de projet emblématique de l'administration Tinubu.
Des contraintes géologiques majeures
Le ministre a justifié le réalignement de la route par la nature complexe du terrain, caractérisé par des cavités profondes atteignant parfois 100 à 300 mètres. Selon les autorités, maintenir un tracé linéaire sans tenir compte de ces spécificités géologiques aurait compromis la stabilité de l'infrastructure. Le processus de construction impose ainsi l'excavation des zones instables et leur remblayage avec du sable fin, une intervention technique qui explique, selon le ministère, la variation des coûts au kilomètre par rapport aux zones de terrain plat.
Avancement et structuration du projet
Le projet, qui traverse neuf États, progresse par sections. La première phase de 47,47 kilomètres est achevée et prête à être mise en service, tandis que la deuxième section de 55 kilomètres devrait voir ses revêtements terminés d'ici novembre. Par ailleurs, le gouvernement a intégré des modifications pour fluidifier le trafic autour de la raffinerie Dangote et du port en eau profonde, incluant la refonte de certains échangeurs. Pour contrer les risques climatiques, le tracé a été optimisé en surélevant certaines portions de la route Est-Ouest de deux mètres afin de prévenir les inondations récurrentes.
Un modèle de financement hybride
Au-delà de l'autoroute côtière, le gouvernement nigérian poursuit d'autres chantiers d'envergure, tels que l'autoroute Sokoto-Badagry et la route Trans-Sahara. Ces projets sont structurés selon un modèle d'investissement où l'État apporte 30 % du financement en monnaie locale, complété par 70 % de capitaux extérieurs. La rentabilité de ces infrastructures repose sur un système de péage couplé à des développements industriels, touristiques et agricoles prévus le long des corridors routiers, visant à transformer ces axes en véritables leviers de croissance économique régionale.