Le collectif des employés de la Société tchadienne de traitement des déchets et assainissement (SOTRADA) a officiellement interpellé les autorités tchadiennes face à une situation sociale critique. Après plus de deux ans sans rémunération, les travailleurs dénoncent une précarisation extrême de leurs conditions de vie et exigent une intervention immédiate de l'État pour restaurer leurs droits fondamentaux.
Une accumulation d'arriérés sans précédent
La situation financière des salariés de la SOTRADA atteint un seuil alarmant avec 27 mois d'arriérés de salaires cumulés. Cette absence prolongée de revenus a engendré des conséquences humaines lourdes pour les familles concernées, allant de l'incapacité à honorer les frais de scolarité à des ruptures familiales. Le collectif rapporte également des situations dramatiques liées à l'absence de couverture médicale, faute de moyens financiers, ayant conduit à des décès parmi les employés ou leurs proches. Par ailleurs, les travailleurs font état de poursuites judiciaires et d'arrestations liées à leur incapacité à faire face à leurs engagements financiers.
Le détournement présumé des cotisations sociales
Au-delà du non-paiement des salaires, le litige porte sur la gestion des cotisations sociales. Les employés affirment que les prélèvements destinés à la Caisse nationale des prévoyances sociales (CNPS) ont été effectués sur leurs bulletins de paie, mais n'ont jamais été reversés à l'organisme. Cette irrégularité prive les travailleurs de leurs droits à la retraite, des prestations familiales et de toute prise en charge médicale officielle, compromettant ainsi leur avenir et leur sécurité sociale à long terme.
Contestation du chômage technique
En réponse à une demande de régularisation adressée à la direction le 30 juillet 2025, les employés ont été placés en chômage technique. Une décision que le collectif conteste vigoureusement, dénonçant une procédure abusive. Selon les travailleurs, la direction a fait l'économie de la concertation tripartite obligatoire avec l'inspection du travail, prévue par la législation en vigueur pour valider une telle mesure. Cette mise à l'écart est perçue par le personnel comme une manœuvre visant à éluder les responsabilités patronales.
Exigences de régularisation et intervention publique
Face à l'impasse, le collectif formule des revendications claires : le paiement intégral des 27 mois de salaires dus, le versement des indemnités liées au chômage technique et la régularisation immédiate des comptes auprès de la CNPS. Les employés appellent désormais le ministère en charge du Travail et l'Inspection du travail à exercer leur autorité pour faire respecter le droit du travail et mettre fin à cette crise sociale qui fragilise durablement le personnel de l'entreprise.