Au Soudan, le changement climatique et la guerre fragilisent la filière du henné

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 29 lectures
Au Soudan, le changement climatique et la guerre fragilisent la filière du henné

Au Soudan, la culture du henné, pilier ancestral de l'identité féminine et rite de passage nuptial, fait face à une menace existentielle. La conjonction du changement climatique, de la raréfaction des ressources en eau et des conséquences dévastatrices de trois années de conflit fragilise l'ensemble de la chaîne de valeur, de la production agricole aux salons de beauté.

Un pilier de l'identité culturelle soudanaise

Pour les Soudanaises, le henné dépasse la simple fonction cosmétique : il constitue une véritable « carte de visite » et un symbole fort de féminité. Omnia El Sayyed, propriétaire d'un salon de beauté à Al-Damer, souligne que cette pratique est une tradition héritée des ancêtres, indissociable des cérémonies de mariage. La pérennité de cet art est aujourd'hui remise en question par la difficulté croissante d'approvisionnement en matières premières de qualité, transformant un rite sacré en un luxe de plus en plus inaccessible.

La crise de l'irrigation et le défi agricole

La production locale, concentrée notamment dans le nord du pays, subit de plein fouet les dérèglements climatiques. Les agriculteurs, à l'instar d'Abdallah Mohammed, font face à des cycles d'irrigation devenus imprévisibles et insuffisants. Le manque d'entretien des canaux et l'accès erratique à l'eau empêchent la croissance optimale de la plante. Les cultivateurs appellent désormais les autorités à intervenir sur les infrastructures hydrauliques pour éviter l'effondrement définitif de leurs récoltes.

L'impact du conflit sur les circuits d'exportation

Au-delà des champs, c'est toute l'économie du henné qui est désorganisée par la guerre. Mohamed Ramadan, industriel du secteur, témoigne de la rupture des circuits logistiques traditionnels. Alors qu'Omdurman servait autrefois de plateforme d'exportation vers le monde entier, les routes sont désormais bloquées ou détournées. Le passage obligé par l'Égypte, rendu nécessaire par l'insécurité, alourdit considérablement les coûts de production. Cette situation illustre comment l'instabilité politique, couplée aux contraintes environnementales, asphyxie un secteur artisanal qui peinait déjà à maintenir sa compétitivité sur le marché international.

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