Au Soudan, la prison de Darkis incarne l'horreur des exactions des FSR contre les civils

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 57 lectures
Au Soudan, la prison de Darkis incarne l'horreur des exactions des FSR contre les civils

Une prison transformée en enfer par les Forces de soutien rapide (FSR) : la prison de Darkis, près de Nyala au Darfour du Sud, concentre les pires exactions commises contre les civils soudanais. Officiellement conçue pour 4 500 détenus, elle en abrite aujourd’hui plus de 20 000, où torture, exécutions sommaires et chantage aux rançons s’imposent comme des méthodes systématiques. Les témoignages de rescapés, d’ONG et d’un ancien officier des FSR confirment l’ampleur des crimes, qualifiés de « catastrophiques » par ce dernier.

Darkis, une prison surpeuplée et instrument de terreur

Construite en 2016 près de Nyala, capitale du Darfour du Sud, la prison de Darkis (ou Darqis) est devenue le symbole des exactions des FSR dans les régions du Kordofan, du Darfour et du Nil Bleu. Conçue pour accueillir 4 500 personnes, elle en compte aujourd’hui plus de 20 000, selon des organisations humanitaires comme le Committee for Justice. Parmi les détenus, des femmes et des enfants figurent en nombre croissant, notamment des civils arrêtés à El-Fasher et transférés vers ce lieu.

Torture, exécutions et rançons : le quotidien des détenus

Les conditions de détention relèvent de la barbarie : tortures, privations de nourriture et de soins, exécutions sommaires. Une mission d’enquête de l’ONU a révélé que la détention est utilisée comme un outil de chantage, les familles étant contraintes de verser des rançons exorbitantes pour obtenir la libération de leurs proches. En mai et juin 2026, plus de 200 personnes sont mortes sous la torture ou faute de soins, selon un porte-parole des réseaux des médecins soudanais. Les familles dénoncent également des exécutions arbitraires, tandis que les rescapés décrivent des scènes dignes d’Abou Ghraib.

Un ancien colonel des FSR brise l’omerta

Pour la première fois, un ancien officier des FSR, le colonel Ali Rizkallah (surnommé al Savana), a rompu le silence en qualifiant la situation dans cette prison de « catastrophique ». Son témoignage, corroboré par celui de proches de victimes et de rescapés, confirme l’ampleur des crimes : tortures, mauvais traitements et privations systématiques. Ces révélations s’ajoutent aux rapports accablants d’ONG et de l’ONU, qui pointent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans les zones contrôlées par les FSR.

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