Avec plus de 19 millions de personnes en situation de faim aiguë, le Soudan affronte la pire crise humanitaire au monde. Une sécheresse historique du Nil, liée au phénomène El Niño, risque d’aggraver encore cette situation déjà catastrophique.
Un fleuve en péril, un pays au bord de l’effondrement
Les berges craquelées du Nil, symbole d’une sécheresse sans précédent, illustrent l’impact direct du phénomène El Niño sur la Corne de l’Afrique. Selon la FAO, la campagne agricole 2026 se déroule dans un « risque climatique accru », aggravé par ce courant océanique naturel dont les effets se conjuguent à ceux du réchauffement climatique. Les scientifiques locaux établissent un lien entre l’intensité actuelle d’El Niño et le faible débit du fleuve, réduisant les terres arables et menaçant les récoltes.
19 millions de Soudanais en insécurité alimentaire extrême
Le conflit qui ravage le pays depuis avril 2023 a déjà déplacé des millions de personnes. Aujourd’hui, 40 % de la population – soit près de 20 millions de personnes – souffre de faim aiguë, faisant du Soudan le théâtre de la plus grande crise humanitaire mondiale. La sécheresse du Nil, exacerbée par El Niño, pourrait priver des milliers de familles de leurs dernières ressources, plongeant des régions entières dans une précarité encore plus profonde.
El Niño, un phénomène aux conséquences dévastatrices
Ce courant océanique, qui revient tous les deux à sept ans, s’étale sur plusieurs mois et atteint son pic l’année suivant son apparition. L’épisode en cours, débuté en juin 2026, pourrait être « le plus intense » depuis plus d’un siècle. Ses répercussions se traduisent par un retard des pluies, cruciales pour l’agriculture soudanaise. Les prévisions des climatologues laissent craindre une aggravation durable de la situation, alors que les stocks alimentaires s’amenuisent et que les infrastructures sanitaires sont déjà sous tension.
Une urgence humanitaire qui dépasse les frontières
Si le Soudan concentre les inquiétudes, El Niño frappe aussi d’autres régions africaines, avec des pertes économiques estimées à 20 milliards de dollars. Pour les organisations internationales, la réponse doit être immédiate : renforcer l’aide alimentaire, soutenir les systèmes d’irrigation et anticiper les migrations climatiques. Sans action rapide, la combinaison de la guerre, du changement climatique et des aléas naturels pourrait plonger des millions de personnes dans une spirale de vulnérabilité irréversible.