Au Sénégal, une zone écologique transforme Thiawlène en modèle de gestion des déchets

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 56 lectures
Au Sénégal, une zone écologique transforme Thiawlène en modèle de gestion des déchets

À Thiawlène, un quartier de Rufisque, l’insalubrité chronique a cédé la place à un modèle innovant de gestion des déchets, porté par une zone écologique communautaire (ZEC). Grâce à une collecte organisée, un tri sélectif et des formations, les habitants ont adopté de nouvelles pratiques, réduisant les dépotoirs sauvages et valorisant les matières recyclables. Un projet qui pourrait essaimer dans toute la commune de plus de 290 000 habitants.

De la décharge sauvage à un écosystème vertueux

Il y a encore quelques années, Thiawlène, quartier côtier de Rufisque, était marqué par l’accumulation anarchique des ordures ménagères, notamment en bord de mer. Le projet porté par Idrissa Thiaw et son équipe a transformé ce dépotoir en un point de collecte et de recyclage structuré. Leur approche repose sur trois piliers : la collecte régulière via des charrettes, un tri rigoureux des déchets (plastique, métaux, biodégradables) et la valorisation des matières recyclables auprès de repreneurs spécialisés. Pour les biodégradables, un compost est même produit, tandis que des formations en agroécologie sont dispensées aux habitants.

Les habitants, acteurs clés du changement

L’implication des riverains a été déterminante. Aliou Konaré, par exemple, sillonne les rues avec sa charrette une à deux fois par semaine pour collecter les poubelles, après avoir prévenu les ménages. Son travail a permis de réduire drastiquement les déchets abandonnés dans l’espace public. Les femmes, souvent en première ligne dans la gestion des ordures, ont également été ciblées. Des séances de sensibilisation leur ont appris à séparer les déchets, tandis que des poubelles individuelles leur ont été distribuées. Fatou Dieng, habitante du quartier, souligne l’impact : « Les femmes sont de plus en plus impliquées, car la ZEC les aide aussi à financer leurs projets. » Cette dimension économique a renforcé leur engagement.

Un modèle reproductible à l’échelle de Rufisque ?

Le succès de Thiawlène repose sur une collaboration entre acteurs locaux et internationaux. La mairie de Rufisque et celle de Le Soler (France) ont soutenu l’initiative, qui pourrait s’étendre à l’ensemble de la commune. Avec plus de 290 000 habitants, Rufisque représente un terrain idéal pour généraliser cette approche. Idrissa Thiaw et son équipe envisagent déjà d’élargir le projet, tout en consolidant les acquis : meilleure hygiène, création d’emplois locaux et réduction de la pollution marine. Une preuve que des solutions communautaires peuvent répondre à des défis environnementaux majeurs.

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