Alors que le Sénégal se rapproche d'élections territoriales prévues en janvier, l'ancien ministre Thierno Lô met en garde contre toute manipulation du calendrier électoral. Il appelle à un strict respect des règles constitutionnelles et à une communication transparente sur les contraintes qui pourraient peser sur le scrutin.
Un appel à la prévisibilité du droit
Dans un entretien accordé au quotidien L'Observateur, Thierno Lô rappelle qu'une élection doit se tenir « conformément à la Constitution et à la loi ». Il insiste sur la nécessité d'expliquer clairement aux citoyens toute contrainte susceptible de modifier le calendrier initialement prévu. Pour l'ancien ministre, qui préside par ailleurs le Conseil d'administration de la SEN TER (société gérant le Train Express Régional), la prévisibilité du droit constitue un pilier démocratique non négociable.
Le calendrier électoral, « variable d'ajustement » ?
Thierno Lô avertit : « Le calendrier électoral ne peut pas être une variable d'ajustement politique ». Il plaide pour la préservation de la confiance des acteurs politiques et de la stabilité institutionnelle, à l'heure où les zones d'ombre sur la tenue effective des scrutins locaux alimentent les spéculations. Sa prise de parole s'inscrit dans un débat plus large sur la crédibilité du processus démocratique sénégalais à quelques mois d'échéances jugées stratégiques pour les collectivités.
Couplage avec les législatives : une piste à encadrer
Interrogé sur l'hypothèse d'un couplage entre les élections locales et les législatives, l'ancien ministre n'écarte pas l'option. Il y voit deux avantages : la rationalisation des dépenses publiques et la stabilisation du calendrier sur le long terme. Mais il appelle à une analyse sérieuse de la conformité juridique d'un tel rapprochement, de son opportunité politique et de son acceptabilité par les acteurs. « Nous devons sécuriser la règle du jeu plutôt que l'adapter aux intérêts du moment », conclut-il.
Un débat à suivre avant janvier
La position de Thierno Lô ouvre un débat de fond sur l'architecture du scrutin à venir. La question de l'organisation – scrutin local seul ou couplé avec les législatives – reste entière et devra être tranchée dans les prochains mois, sous le regard des partis, de la société civile et du ministère de l'Intérieur.