Vingt-cinq ans après l’adoption de la Résolution 1325 de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, le Sénégal organise un programme pour accélérer leur participation aux processus décisionnels, mais les avancées restent limitées.
Un programme ambitieux lancé à l’Assemblée nationale
Le programme AAR « Protéger », lancé le 1er septembre 2026 à l’Assemblée nationale du Sénégal en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, vise à renforcer la place des femmes dans les domaines de la paix, de la défense et de la sécurité. La rencontre, qui a réuni parlementaires, forces de sécurité, experts et société civile, a mis en lumière les défis persistants malgré les engagements internationaux.
Des avancées réelles, mais insuffisantes
Astou Diouf Gueye, directrice de l’Équité et de l’Égalité de Genre, a présenté les progrès accomplis par le Sénégal dans l’intégration du genre dans les politiques de sécurité. Cependant, une étude régionale couvrant six pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, lancée en juin 2026, révèle que les résultats restent en deçà des attentes. Le Gorée Institute, qui a piloté cette évaluation, souligne que la participation effective des femmes aux processus de paix et de sécurité reste un objectif lointain.
Les obstacles au leadership féminin dans les FDS
Les Forces de défense et de sécurité (FDS) sénégalaises comptent désormais des femmes à des postes de responsabilité, comme la Colonel Khadessa Sy, la Commissaire Bintou Guissé ou la Capitaine Delphine Diatta. Pourtant, leur leadership se heurte encore à des freins structurels et culturels. Une parlementaire allemande, Diana Herbstreuth, a partagé l’expérience de l’Allemagne, où des mécanismes similaires ont permis des avancées, mais sans résoudre toutes les inégalités.
Vers un renforcement des mécanismes de concertation
Le programme AAR « Protéger » prévoit un atelier le 17 septembre 2026 pour approfondir les recommandations issues de cette première rencontre. L’objectif est clair : renforcer la concertation entre acteurs institutionnels, mobiliser davantage de ressources et accroître la représentation des femmes dans les instances décisionnelles liées à la paix et à la sécurité. Une feuille de route qui devra prouver son efficacité dans les mois à venir.