Au Sénégal, le combat d'Aminata Boye pour les familles de migrants disparus en mer

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Au Sénégal, le combat d'Aminata Boye pour les familles de migrants disparus en mer

À Mbour, ville côtière sénégalaise marquée par le phénomène migratoire, Aminata Boye a transformé son traumatisme personnel en un levier d'action collective. Depuis 2020, elle dirige le Collectif des victimes de l’émigration irrégulière au Sénégal (COVES), une structure devenue un point d'ancrage indispensable pour des centaines de familles en quête de réponses sur le sort de leurs proches disparus en mer.

Une structure de soutien face à l'incertitude

Fondé à la suite de la disparition de son fils Waly, le COVES s'est structuré pour pallier l'absence d'informations officielles sur les routes migratoires. En collaboration avec le Comité international de la Croix-Rouge, l'association centralise les signalements, les photographies et les données de parcours pour tenter de localiser les disparus. Au-delà de cette mission de recherche, le collectif déploie une stratégie d'accompagnement social, organisant des collectes pour la scolarisation des enfants et des ateliers de couture pour favoriser l'autonomie financière des femmes touchées par ces drames.

L'impact social d'un phénomène persistant à Mbour

Dans le quartier de Tefees, surnommé « l'Aéroport » en raison de sa proximité avec des points de départ de pirogues, les conséquences de la migration irrégulière sont structurelles. Les données locales indiquent qu'environ un foyer sur trois est directement affecté par la perte d'un membre ou l'absence prolongée d'un proche parti par la mer. Ces familles, comme celle d'Anna Diop, qui a perdu plusieurs membres dans un naufrage en 2024, trouvent dans le réseau d'Aminata Boye un espace de résilience indispensable pour surmonter le deuil et l'isolement.

Un plaidoyer pour des perspectives locales

Aminata Boye refuse de réduire la migration à une simple fatalité ou à une imprudence individuelle. Pour elle, le départ des jeunes est le résultat d'une absence de perspectives économiques viables au Sénégal. Elle critique ouvertement les politiques de restriction à la mobilité, arguant que celles-ci ne font qu'orienter les candidats vers des routes clandestines toujours plus périlleuses. Son combat porte désormais une dimension politique : elle appelle les autorités sénégalaises à agir sur les causes profondes de cet exode, soulignant que les jeunes ne prennent pas la mer par choix délibéré de mourir, mais par nécessité d'améliorer les conditions de vie de leurs familles.

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