Au Sénégal, l'accord avec le FMI divise la majorité pendant que l'opposition interpelle le pouvoir

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 31 lectures
Au Sénégal, l'accord avec le FMI divise la majorité pendant que l'opposition interpelle le pouvoir

Au Sénégal, la rentrée politique et économique s'ouvre sous le signe des tensions. L'accord technique conclu avec le FMI, les passes d'armes au sein de la majorité et la perspective de la déclaration de politique générale du Premier ministre placent le gouvernement face à plusieurs fronts simultanés, tandis que le chef de l'État poursuit sa concertation avec les acteurs économiques.

Waly Diouf Bodiang épingle Abdourahmane Diouf

Au sein même de la coalition au pouvoir, la voix de Waly Diouf Bodiang, responsable politique de Pastef, s'est élevée contre le ministre Abdourahmane Diouf. L'accusation est directe : le ministre serait devenu, selon ses termes, un « diffuseur de fausses informations ». Waly Diouf Bodiang a également ironisé sur le rôle d'Ass au sein du pouvoir, estimant critiquable cette ligne politique. Cette sortie publique illustre les fragilités internes d'une majorité interpellée sur sa cohérence depuis l'annonce de l'accord avec le FMI.

Accord avec le FMI : 2,2 milliards de dollars et des marchés nerveux

L'accord technique prévoit environ 2,2 milliards de dollars sur trente-six mois, dans le cadre d'un Mécanisme élargi de crédit, mais son entrée en vigueur reste soumise à validation du FMI. Selon Bloomberg, les obligations sénégalaises à échéance 2028 ont enregistré des cessions atteignant 13,1 millions de dollars en deux semaines, signe d'un changement de stratégie des investisseurs. Le ministre des Finances Cheikh Diba a annoncé une réunion d'information conjointe organisée par le FMI. Les opérateurs de marché suivent désormais les arbitrages qui seront retenus : reprofilage, allongement des maturités ou restructuration plus profonde via une version renforcée du Cadre commun du G20.

APR et Pastef : la majorité sous pression

L'opposition ne cache pas son scepticisme : Thierno Alassane Sall a qualifié l'accord de « bouée de sauvetage ». L'APR dit prendre acte du programme mais exige la transparence sur le PTDS, conteste le chiffre de 132 % du PIB évoqué dans le débat et réclame plusieurs rapports, dont ceux de l'Inspection générale des finances, de la Cour des comptes et de Mazars. En interne, le député Pastef Amadou Ba dénonce des propos « indignes » et la désinformation, tout en critiquant d'anciens membres du parti devenus ministres. Guy Marius Sagna estime pour sa part que le président vient d'enterrer le « Sénégal souverain ».

Dialogue au Palais et calendrier parlementaire

Au Palais de la République, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a reçu une délégation du Conseil national du Patronat conduite par Baïdy Agne. Les échanges ont porté sur les préoccupations des employeurs et sur la coopération entre l'État et le secteur privé. Le Patronat a remis un mémorandum, le chef de l'État saluant la qualité du dialogue. Le 8 septembre 2026 à 10 heures, le Premier ministre Al Aminou Lô doit prononcer sa DPG devant l'Assemblée nationale, séance présidée par Ousmane Sonko, nouveau président de l'hémicycle : un rendez-vous qui pourrait fixer la doctrine du gouvernement sur la trajectoire économique à venir.

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