Au Sénégal, la dégradation des zones humides fragilise le modèle économique de l'écotourisme

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 37 lectures
Au Sénégal, la dégradation des zones humides fragilise le modèle économique de l'écotourisme

Le Sénégal mise sur la préservation de ses zones humides pour soutenir une filière écotouristique en plein essor, portée par l'observation des oiseaux migrateurs. Toutefois, cette dynamique économique locale se heurte à une dégradation environnementale croissante qui menace la pérennité des sites naturels et les revenus des communautés riveraines.

Un levier de développement pour les communautés locales

Dans plusieurs régions du Sénégal, l'écotourisme s'est imposé comme un moteur de revenus essentiel. À la réserve naturelle de Palmarin, un modèle de cogestion impliquant quatre villages sur 10 400 hectares permet de réguler les flux touristiques, scientifiques et scolaires. Ce dispositif assure le maintien d'emplois directs dans le guidage, le transport et l'accueil, offrant une alternative économique précieuse, notamment lorsque les activités traditionnelles comme l'extraction artisanale du sel ralentissent. La fréquentation mensuelle, oscillant entre 400 et 1 000 visiteurs hors période d'hivernage, illustre l'attractivité de ces espaces protégés.

Les menaces pesant sur les écosystèmes côtiers

Malgré ce potentiel, des experts alertent sur la fragilité des milieux naturels. Le consultant Moustapha Sène identifie le drainage des terres, la pollution, la surexploitation des ressources marines et l'érosion côtière comme des facteurs critiques de dégradation. La destruction de la mangrove, en particulier, entraîne une double peine : elle réduit les rendements de la pêche locale et fragilise les infrastructures touristiques exposées aux aléas climatiques. Ces zones humides, qui servent d'aires de repos et d'hivernage à de nombreuses espèces, voient leur capacité d'accueil diminuer sous l'effet de ces pressions anthropiques.

Stratégies nationales et suivi scientifique

Face à ces enjeux, les autorités sénégalaises cherchent à renforcer la valorisation des sites emblématiques. Le 15 janvier 2026, le ministre El Hadji Abdourahmane Diouf a annoncé la mise en place de nouvelles infrastructures au Parc national des Oiseaux du Djoudj, soulignant l'importance stratégique de ce site pour l'écologie et l'économie nationale. Ce déploiement s'inscrit dans un dispositif de suivi plus large, couvrant 37 sites répartis en 219 secteurs à travers le pays. L'enjeu pour les décideurs est désormais de concilier la conservation rigoureuse de la biodiversité, indispensable à l'attractivité touristique, avec les besoins de développement des populations locales.

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