Face à la recrudescence de messages xénophobes et d'appels à la violence sur les plateformes numériques, trois organisations de la société civile sénégalaise ont franchi une étape judiciaire majeure. Le FRAPP, l'initiative Naawle et le collectif Stop à la xénophobie ont officiellement saisi le procureur de la République pour exiger le démantèlement de réseaux structurés diffusant des contenus haineux.
Une documentation précise pour appuyer la plainte
Les plaignants ont transmis au parquet un dossier détaillé ciblant 25 comptes actifs sur Facebook, X et TikTok. Selon les organisations, ces espaces numériques ne se contentent pas de relayer des propos hostiles, mais orchestrent une stratégie de diffusion coordonnée. Les éléments fournis à la justice incluent des preuves d'injures publiques, d'incitations à l'épuration ethnique et d'appels au meurtre visant spécifiquement certaines communautés. Les plaignants affirment avoir identifié les propriétaires de ces comptes, facilitant ainsi le travail d'enquête des autorités pour établir les responsabilités individuelles.
L'exigence d'une réponse judiciaire face à l'impunité
Souleymane Guèye, délégué général du FRAPP, souligne que cette démarche fait suite à plusieurs mois de vaines alertes auprès du ministère de l'Intérieur. Pour les organisations, la situation a atteint un seuil critique où la simple dénonciation verbale ne suffit plus. L'objectif est de provoquer une intervention concrète de la justice pour stopper la banalisation de ces discours avant qu'ils ne compromettent durablement la cohésion nationale et les valeurs de tolérance du pays.
Au-delà des comptes ciblés, démanteler un système
La plainte ne se limite pas aux 25 profils identifiés. Les organisations demandent au procureur d'élargir les investigations pour remonter jusqu'aux têtes de pont de ce qu'elles considèrent comme un réseau organisé. En sollicitant une action en profondeur, les plaignants espèrent identifier les mécanismes de propagation et les acteurs occultes qui alimentent cette hostilité en ligne. Cette initiative se veut strictement focalisée sur la lutte contre la xénophobie, les organisations ayant pris soin de dissocier leur démarche de toute autre affaire judiciaire en cours impliquant des créateurs de contenu sur les réseaux sociaux.