Le président du Forum du justiciable demande pour la deuxième fois en quelques mois la publication de rapports de contrôle. Babacar Ba critique un retard qu'il juge incompatible avec les promesses de transparence du pouvoir en place.
Une interpellation directe du chef de l'État
Babacar Ba a de nouveau pris la parole, vendredi 4 septembre 2026, pour interpeller directement le président Bassirou Diomaye Faye. Le sujet reste le même que lors de ses interventions précédentes : l'absence de publication de documents de contrôle public. Le responsable associatif réclame la transparence institutionnelle qu'il estime « confisquée » par les autorités.
Cette démarche s'inscrit dans une suite de prises de position du Forum du justiciable, organisation qui milite pour l'accès aux rapports publics. Babacar Ba avait déjà haussé le ton à plusieurs reprises sur ce terrain, sans obtenir de réponse satisfaisante à ce jour.
Des rapports demandés depuis des mois
La liste présentée par Babacar Ba comprend plusieurs documents précis. Il cite en premier lieu les rapports annuels de la Cour des comptes, dont les exercices 2018 à 2024 demeurent inaccessibles selon lui. En mars 2026, le Forum du justiciable avait déjà signalé l'absence de publication de ces rapports depuis 2017, date de la dernière mise en ligne.
L'Inspection générale d'État (IGE) apparaît également dans ses требования. En novembre 2025, il avait demandé la publication d'un audit consacré à Aminata « Mimi » Touré, ancienne Première ministre. Ce rapport n'a toujours pas été rendu public.
Des audits de fonds publics toujours secrets
Au-delà des institutions de contrôle classiques, Babacar Ba élargit sa demande aux audits de fonds publics spécifiques. Il mentionne notamment l'audit du Fonds intergénérationnel et celui du Fonds de stabilisation, deux dispositifs financiers dont les rapports d'évaluation restent introuvables.
En mai 2026, le responsable avait plaidé pour que les rapports de la Cour des comptes soient publiés en temps réel, et non plus avec plusieurs années de retard. Sa dernière intervention confirme qu'aucune avancée notable n'est intervenue depuis.
Un enjeu de crédibilité pour le pouvoir
Ces rappels successifs placent l'exécutif face à ses propres engagements. La transparence des institutions de contrôle constitue un marqueur attendu par une partie de l'opinion publique et de la société civile. Le silence des autorités sur ces publications alimentant les interrogations sur leur volonté réelle de faire bouger les lignes en matière de reddition des comptes.