À l'approche de la rentrée scolaire 2026-2027 au Rwanda, les parents font face à un défi financier récurrent : les « Babyeyi ». Ces listes exhaustives de fournitures et de frais annexes, transmises par les établissements, alourdissent considérablement le coût réel de la scolarité au-delà des frais de scolarité officiels.
Une inflation des exigences matérielles
Une analyse portant sur 25 établissements scolaires à travers le pays révèle une disparité frappante dans les exigences imposées aux familles. Si les frais de scolarité de base varient largement, les listes de fournitures incluent désormais des éléments hétéroclites : papier toilette, ramettes de papier, produits d'entretien, matériel de literie pour les internes, et même des contributions spécifiques pour la motivation des enseignants ou l'hygiène. Dans certains cas, comme à l'école Elena Guerra, le coût total des exigences matérielles peut représenter plusieurs mois de salaire pour un foyer modeste.
Le contrôle des achats et des uniformes
Les établissements exercent un contrôle strict sur l'approvisionnement. La quasi-totalité des écoles étudiées impose l'achat des uniformes auprès de tailleurs désignés, et certaines exigent que l'intégralité des fournitures soit acquise directement au sein de l'école. Cette pratique entraîne souvent un surcoût par rapport aux prix du marché local. De plus, les règlements intérieurs imposent des spécifications techniques précises, allant de la marque des pulls aux dimensions des cahiers, limitant ainsi toute possibilité d'optimisation budgétaire pour les parents.
Un enjeu de régulation persistant
Cette situation soulève la question de l'efficacité des politiques publiques de régulation. Dès 2020, les autorités éducatives avaient pourtant mis en garde contre l'imposition de frais excessifs, qualifiant ces pratiques d'intolérables. Pourtant, six ans plus tard, les « Babyeyi » continuent de dicter le quotidien des familles. La persistance de ces listes, qui incluent parfois des contributions obligatoires pour les associations de parents ou des frais de santé, témoigne d'un manque de standardisation qui fragilise le pouvoir d'achat des ménages et interroge sur la transparence des coûts réels de l'éducation nationale.
Des frais annexes qui alourdissent la facture
Au-delà des fournitures, les services complémentaires — tels que le transport, les cours du soir, l'assurance santé ou les activités périscolaires — constituent une part croissante du budget éducatif. Pour les parents, la rentrée ne se limite plus à l'inscription administrative, mais devient une planification complexe où les frais cachés peuvent doubler, voire tripler, le montant initialement prévu. Cette réalité place de nombreuses familles dans une situation de vulnérabilité financière immédiate à chaque début de trimestre.