Blessing Ebhodaghe, président du gouvernement local d'Esan West dans l'État d'Edo, a sommé les chauffeurs de transport public de porter exclusivement des casquettes aux couleurs du parti au pouvoir, l'All Progressives Congress (APC). Cette injonction, assortie de menaces de sanctions professionnelles, soulève des questions sur l'usage de l'autorité publique à des fins de mobilisation électorale.
Une injonction sous menace de sanction
Lors d'une visite dans une gare routière de sa circonscription, Blessing Ebhodaghe a formellement interdit aux conducteurs de porter tout couvre-chef qui ne serait pas estampillé APC. Le responsable local a explicitement menacé de faire évincer les contrevenants de leur poste, interpellant directement le président du syndicat des chauffeurs de la gare pour s'assurer de l'application stricte de cette directive. Pour appuyer sa consigne, il a procédé à la distribution de casquettes marquées du logo du parti, ne laissant, selon ses propres termes, aucune place à l'excuse ou à la tolérance.
La mobilisation électorale comme justification
Cette pression exercée sur les travailleurs du secteur des transports s'inscrit dans une stratégie politique plus large visant à garantir le soutien électoral au président Bola Tinubu pour le scrutin de 2027. Le président du gouvernement local a justifié cette exigence par la nécessité de remplir l'engagement pris par le gouverneur de l'État, Monday Okpebholo, de sécuriser 2,5 millions de voix pour le chef de l'État. Selon M. Ebhodaghe, cette démonstration de force partisane constitue une forme de « remboursement » politique envers l'administration en place.
L'argument des infrastructures routières
Pour légitimer cette contrainte, le responsable local a mis en avant les réalisations de l'exécutif en matière d'infrastructures. Il a soutenu que l'amélioration de l'état des routes, attribuée à l'action conjointe du gouverneur et du président, permet aux chauffeurs de maintenir leur activité économique. En liant directement la qualité du réseau routier à la loyauté politique, le président du gouvernement local cherche à transformer une politique publique en un levier de fidélisation électorale, tout en conditionnant l'exercice du droit au travail au respect d'une allégeance partisane visible.