Face à la prolifération des cérémonies de fin d'année dans les établissements privés, plusieurs gouvernements d'États nigérians ont décidé d'interdire ces événements pour les niveaux non terminaux. Cette mesure vise à mettre fin à ce que de nombreux parents considèrent comme une extorsion financière déguisée, imposant des coûts élevés pour des festivités jugées superflues.
Une pression financière croissante sur les familles
Le modèle traditionnel de la remise des prix, autrefois simple et gratuit, a laissé place à une multiplication de cérémonies payantes pour chaque étape du cursus scolaire, de la crèche au secondaire. Dans certaines zones, les frais imposés aux parents oscillent entre 20 000 et 60 000 nairas par enfant. Si les propriétaires d'écoles présentent ces événements comme facultatifs, les parents dénoncent une pression psychologique exercée sur les élèves, qui craignent d'être exclus des festivités de leurs camarades. Pour les familles, ces prélèvements s'ajoutent à une conjoncture économique difficile, rendant le poids de ces « contributions » particulièrement lourd.
La réponse ferme des autorités étatiques
Le gouvernement fédéral et plusieurs États, dont Edo, Benue, Ondo, Osun, Imo, Plateau, Anambra, Kogi et Delta, ont pris des mesures restrictives. Dans certains cas, les autorités menacent de fermer les établissements contrevenants et de retirer leurs licences d'exploitation. À Kano, une nouvelle législation est en cours d'examen pour renforcer le contrôle sur les institutions privées, incluant une surveillance accrue des frais et des augmentations tarifaires, afin de garantir une meilleure redevabilité envers les parents.
Le débat sur la valeur éducative et sociale
De leur côté, les associations de propriétaires d'écoles privées (NAPPS) défendent ces événements comme des moments de célébration nécessaires à l'épanouissement des enfants. Ils soutiennent que ces rassemblements favorisent la socialisation et le moral des élèves, tout en soulignant que les coûts varient selon les réalités économiques locales. Cependant, l'Association nationale des parents et enseignants (NAPTAN) appelle à la modération, rappelant que le pouvoir d'achat des ménages est en chute libre et que les écoles privées, bien que nécessaires pour pallier les carences du secteur public, doivent faire preuve de responsabilité sociale.
Un paysage réglementaire encore fragmenté
Malgré cette vague d'interdictions, la situation reste hétérogène à travers le pays. Des États comme Lagos, Oyo ou Ondo n'ont pas encore légiféré sur la question. À Lagos, les autorités éducatives indiquent étudier le dossier, tout en précisant que leur mandat se concentre sur la qualité de l'enseignement plutôt que sur la régulation directe des frais annexes, laissant ainsi une marge de manœuvre aux parents pour choisir les établissements en fonction de leurs pratiques tarifaires.