Au Nigeria, l'émirat de Zazzau stabilise son fonctionnement grâce à une réforme du financement public

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 45 lectures
Au Nigeria, l'émirat de Zazzau stabilise son fonctionnement grâce à une réforme du financement public

L'émirat de Zazzau, l'un des plus vastes du nord du Nigeria, a consolidé son autonomie financière grâce à une réforme administrative majeure dans l'État de Kaduna. En automatisant le transfert des contributions des collectivités locales, l'institution traditionnelle a sécurisé le paiement de ses salaires tout en renforçant son rôle de médiateur social.

Une autonomie financière sécurisée par l'État

L'émir de Zazzau, l'ambassadeur Ahmed Nuhu Bamalli, a souligné l'efficacité du nouveau mécanisme de financement mis en place par le gouvernement de l'État de Kaduna. Auparavant, le versement des salaires et indemnités des chefs traditionnels dépendait de négociations complexes avec les présidents des 11 zones de gouvernement local (LGA) couvertes par l'émirat. Désormais, les fonds sont déduits à la source et versés directement sur les comptes de l'institution. Cette automatisation, en vigueur depuis trois ans, a mis fin aux tensions politiques et garantit une stabilité financière nécessaire à la gestion courante des dizaines de chefferies subordonnées.

La médiation comme levier de désengorgement judiciaire

Au-delà de ses fonctions administratives, l'émirat joue un rôle actif dans la régulation sociale. Sous l'impulsion de l'émir, le palais a intensifié le recours aux modes alternatifs de règlement des différends (ADR). Au cours des deux dernières années, plus de 2 000 dossiers civils — portant principalement sur l'héritage, le foncier et les questions matrimoniales — ont été résolus au sein du palais, soulageant ainsi le système judiciaire conventionnel. L'émir précise toutefois que cette compétence est strictement limitée au civil, les affaires pénales restant systématiquement du ressort des autorités judiciaires et policières.

Inclusivité et gestion des défis sécuritaires

La gouvernance de l'émirat repose sur une stratégie d'inclusion visant à représenter les quatre dynasties régnantes ainsi que les diverses communautés ethniques, dont les populations Igbo, Yoruba et Fulani. Cette approche vise à prévenir les tensions communautaires. En matière de sécurité, l'émirat reste vigilant, particulièrement dans la zone de Giwa, frontalière d'États marqués par l'insécurité. Une coordination étroite est maintenue avec les services de renseignement et l'armée pour anticiper les menaces. Pour l'émir, cette implication directe, couplée à une neutralité politique stricte, demeure la condition sine qua non pour maintenir la pertinence et l'autorité de l'institution traditionnelle dans le Nigeria contemporain.

Perspectives sur la revalorisation salariale

Alors que l'institution s'adapte aux réalités économiques actuelles, une révision des salaires des chefs traditionnels est en cours. Bien que les nouveaux taux n'aient pas encore été perçus, l'émir Bamalli a exprimé son optimisme quant à une application imminente, suite aux échanges avec le gouverneur Uba Sani. Cette revalorisation est jugée nécessaire pour compenser l'érosion du pouvoir d'achat et aligner les émoluments des chefs de Zazzau sur ceux d'autres émirats du pays.

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