Au Nigeria, le dérèglement climatique fragilise la filière du riz Ofada dans l'État d'Ekiti

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
Au Nigeria, le dérèglement climatique fragilise la filière du riz Ofada dans l'État d'Ekiti

Dans l'État d'Ekiti, au sud-ouest du Nigeria, la culture traditionnelle du riz Ofada traverse une crise profonde. Entre sécheresses prolongées et inondations dévastatrices, les agriculteurs voient leurs rendements s'effondrer, remettant en cause la viabilité économique de cette filière emblématique.

Un cycle agricole bouleversé par le climat

Le calendrier cultural, autrefois rythmé par des pluies prévisibles, est devenu imprévisible. Les agriculteurs, qui semaient traditionnellement entre mars et avril, font face à des épisodes de sécheresse qui détruisent les semences en terre. À l'inverse, les cultivateurs de zones marécageuses subissent des inondations tardives qui submergent les parcelles jusqu'à la récolte. Cette instabilité a conduit de nombreux producteurs à réduire drastiquement leurs surfaces cultivées, voire à se diversifier vers le maïs ou le manioc pour assurer leur subsistance, faute de pouvoir garantir une production de riz stable.

Le fossé entre politiques publiques et réalité du terrain

Face à ces pertes, le gouvernement de l'État d'Ekiti a mis en place un programme d'assurance récolte, intégré à une initiative nationale de résilience climatique. Cependant, une déconnexion majeure persiste : la majorité des agriculteurs interrogés, y compris les responsables syndicaux locaux, affirment n'avoir jamais eu accès à ces dispositifs. Si les autorités assurent que le programme a bénéficié à des milliers de producteurs sélectionnés via des interventions antérieures, les acteurs de terrain dénoncent une opacité qui laisse les petits exploitants sans filet de sécurité face aux catastrophes naturelles.

Défis structurels et dépendance aux importations

La crise à Ekiti s'inscrit dans un contexte national préoccupant. Alors que la consommation de riz au Nigeria dépasse les 7 millions de tonnes par an, la production locale ralentit, forçant le pays à accroître ses importations. Les solutions proposées, comme la distribution d'engrais, sont jugées insuffisantes par les syndicats agricoles qui réclament des investissements dans l'irrigation. Toutefois, le coût élevé de l'énergie pour le pompage de l'eau rend cette option financièrement inaccessible pour la plupart des fermiers. Pour l'heure, l'État mise sur des partenariats technologiques, notamment avec le Brésil, et sur l'installation de nouvelles unités de transformation industrielle pour tenter de restructurer une filière en quête de résilience.

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