À l'approche des élections générales de 2027 au Nigeria, une vague de menaces émanant de responsables politiques en poste crée une vive tension à travers le pays. Des gouverneurs, sénateurs et présidents de conseils locaux ont été filmés ou cités directement en train de menacer des citoyens qui refusent de soutenir le parti au pouvoir, l'All Progressives Congress (APC).
Des déclarationsspectaculaires et violentes
Les incidents se multiplient dans plusieurs États. Au Yobe, le président de l'APC local, Mohammed Gadaka, a ordonné aux femmes mariées de divorcer si leurs maris ne votaient pas pour le parti. Il avait même promis de payer lui-même le « prix de la mariée » pour toute femme divorçant par loyauté politique. Face à l'indignation générale, il a finalement retiré ses propos, les qualifiant de « plaisanterie traditionnelle » entre communautés.
Appels directs au meurtre et a l expulsion
En Osun, le sénateur Francis Adenigba Fadahunsi a été enregistré en langue yoruba ordonnant aux partisans de l'APC de « tuer » tout membre du parti Accord croisé à Ilesa. La police a depuis entendu le sénateur. Le gouverneur Ademola Adeleke a qualifé ces déclarations de « menace pour la sécurité nationale ». Dans le Territoire de la capitale fédérale (FCT), le président du conseil de Kuje, Samuel Danjuma Shekwolo, a sommé les résidents hostiles à l'APC de partir.
Menaces de violences physiques et sanctions politiques
Au Borno, le commissaire à la jeunesse et aux sports, Sainna Buba, a promis de « fouetter » quiconque refuserait de soutenir l'APC, tout en menaçant de briser les doigts de ceux qui quitteraient le parti. Au Kebbi, le président de la commune de Gwandu, Atiku Ahmad Mandiya, a assuré que ses partisans seraient libérés s'ils étaient arrêtés pour avoir « géré » les opposants au gouverneur. En Ebonyi, le gouverneur Francis Nwifuru a averti les présidents de conseils locaux qu'ils seraient démis de leurs fonctions s'ils ne livraient pas leurs communes à l'APC en 2027.
Des chiffres alarmants sur la violence électorale
Ces menaces interviennent alors que l'Institut international républicain (IRI) a documenté plus de 81 incidents violents liés aux élections dans le seul État d'Osun durant l'année précédant le scrutin régional d'août. L'initiative Kimpact Development (KDI) a parallèlement fait état de 73 incidents violents et 29 décès lors des élections locales, avec Osogbo comme principal point chaud.
La société civile et Amnesty International montent au créneau
Amnesty International Nigeria a fermement condamné ces déclarations, estimant qu'aucun officiel ne peut lier le droit de résider à une affiliation politique. L'organisation a mis en garde contre le climat de peur créé par certains politiciens et demandé aux partis de « condamner publiquement toute incitation à l'hostilité ou à la violence ». La Constitution nigériane, la loi électorale et le droit international protègent le droit des citoyens de faire des choix politiques libres, a rappelé l'organisation.