Au Nigeria, des figures de proue exigent une réforme profonde de l'appareil judiciaire et administratif

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 4 lectures
Au Nigeria, des figures de proue exigent une réforme profonde de l'appareil judiciaire et administratif

Face à la persistance des défaillances administratives et judiciaires au Nigeria, des personnalités influentes, dont le prix Nobel Wole Soyinka, ont appelé à une refonte des mécanismes de redevabilité. Lors de la conférence inaugurale de la Public Complaints Commission (PCC) à Abuja, ils ont souligné l'urgence de garantir l'exécution effective des décisions de justice pour restaurer la confiance des citoyens envers l'État.

L'impératif d'une justice exécutoire

Wole Soyinka a vivement critiqué le fossé béant qui sépare les prononcés judiciaires de leur application concrète. Pour l'écrivain, une justice qui ne se traduit pas par des actes est une « médecine après la mort ». Il a notamment déploré que des citoyens, après avoir obtenu gain de cause devant les tribunaux, se voient privés des bénéfices de ces décisions, citant des cas de passeports confisqués ou de litiges fonciers non résolus. Cette inertie institutionnelle, selon lui, vide le droit de sa substance et pousse les citoyens vers des impasses aux conséquences parfois violentes.

Renforcer l'Ombudsman comme recours citoyen

De son côté, l'ancien secrétaire général du Commonwealth, Emeka Anyaoku, a plaidé pour une meilleure vulgarisation des services de l'Ombudsman. Présenté comme une alternative moins coûteuse et plus accessible que les procédures judiciaires classiques, cet organe est crucial pour les citoyens confrontés à des abus administratifs, tels que le non-paiement de pensions ou des négligences dans les services publics. L'institution, créée en 1975, traite un volume massif de dossiers : plus de 1,2 million de plaintes ont été enregistrées en deux ans, dont plus de 700 000 ont été résolues.

Vers une culture de la conformité administrative

Le secrétaire au gouvernement de la Fédération, George Akume, a insisté sur le fait que la bonne gouvernance repose sur des institutions transparentes et capables de répondre aux attentes légitimes des populations. Le chef de la commission, Bashir Abubakar, a rappelé que le défi nigérian n'est pas un manque de lois, mais une carence dans la création de systèmes pérennes. Il a annoncé des réformes internes, incluant la numérisation et le renforcement des capacités, tout en avertissant que ces efforts resteront vains si les ministères et agences publiques continuent de faire fi des recommandations de la commission. L'enjeu est désormais de transformer la conformité en une culture institutionnelle plutôt qu'en une exception.

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