Le pouvoir militaire nigérien a annoncé, samedi 29 août, avoir « repris progressivement le contrôle » après une mutinerie dans la base 101 de Niamey, où des soldats ont tenté de séquestrer des camarades et ouvert le feu sur des sites sensibles. Les autorités appellent à la retenue, tandis que des tirs nourris ont retenti dans la capitale pendant plusieurs heures.
Une mutinerie rapidement circonscrite
Selon le communiqué du général Salifou Mody, ministre de la Défense, un groupe de soldats en rupture avec la discipline militaire a tenté de prendre le contrôle de la base 101, un bastion stratégique du régime depuis le putsch de juillet 2023. Les mutins auraient séquestré plusieurs de leurs camarades avant d’ouvrir le feu sur des sites sensibles, notamment aux abords de la présidence et de l’aéroport international Diori-Hamani, situé à proximité immédiate de la base.
Les forces de défense et de sécurité ont réagi promptement, selon les autorités, pour « circonscrire ce mouvement d’humeur » et rétablir l’ordre. Le général Mody a assuré que la situation était désormais sous contrôle, sans préciser l’ampleur des dégâts ou le nombre de victimes.
Un appel au calme dans un contexte de tensions persistantes
Dans son allocution télévisée, le régime a appelé la population à « garder son calme et vaquer librement à ses occupations ». Cette consigne intervient alors que des tirs nourris ont été entendus dans plusieurs quartiers de Niamey pendant la nuit, alimentant les craintes d’une escalade. La base 101, point névralgique du pouvoir militaire, reste un symbole de la stabilité fragile du pays depuis le renversement du président Mohamed Bazoum il y a plus d’un an.
Quels risques pour la transition politique ?
Cet incident survient dans un contexte où le régime militaire, dirigé par le général Abdourahamane Tchiani, peine à rétablir une légitimité interne et internationale. La mutinerie, bien que rapidement maîtrisée, révèle des fractures au sein des forces armées, un an après le coup d’État. Les autorités n’ont pas détaillé les motivations des mutins, mais cette crise pourrait fragiliser davantage la transition annoncée vers un retour à l’ordre constitutionnel.
La situation reste à suivre, notamment sur l’évolution des relations entre les factions militaires et la capacité du régime à maintenir la cohésion des forces de sécurité.