Au Mali, une jeunesse engagée se mobilise pour en finir avec la pratique des mutilations génitales féminines

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
Au Mali, une jeunesse engagée se mobilise pour en finir avec la pratique des mutilations génitales féminines

Au Mali, les mutilations génitales féminines (MGF) demeurent une réalité préoccupante, touchant 70 % des filles de moins de 14 ans et 89 % des femmes âgées de 15 à 49 ans. Face à cette persistance, une nouvelle génération de militants refuse désormais le statu quo, faisant de la lutte contre cette pratique une priorité de santé publique et de droits humains.

Un enjeu de santé publique majeur

L'excision n'est pas seulement une tradition ancrée ; elle constitue une urgence sanitaire aux conséquences dévastatrices. Les complications médicales sont nombreuses : infections chroniques, fistules obstétricales, douleurs persistantes et risques accrus lors des accouchements. Ces séquelles physiques, qui touchent des millions de femmes, pèsent également sur le développement socio-économique du pays, limitant l'autonomie des femmes et leur pleine participation à la vie active.

L'absence de cadre législatif contraignant

Contrairement au Sénégal, qui a légiféré sur la question dès 1999, le Mali ne dispose toujours pas d'une loi nationale claire et rigoureusement appliquée interdisant les MGF. Ce vide juridique permet à la pratique de se maintenir dans la clandestinité, souvent dans des conditions d'hygiène précaires. Cette situation favorise la pérennité d'un système où les exciseuses continuent d'opérer, soutenues par des structures sociales et des intérêts traditionnels qui freinent toute évolution législative.

La stratégie de terrain de la jeunesse

Face à l'inertie institutionnelle, des collectifs de jeunes Maliens et Sénégalais déploient des stratégies de sensibilisation directe. Armés de nouveaux outils de communication et d'une volonté de dialogue, ces acteurs de terrain privilégient l'éducation et la confrontation aux faits. En s'adressant aux familles, aux hommes et aux leaders communautaires, ils cherchent à déconstruire les mythes entourant la « pureté » et la respectabilité, démontrant que la protection de l'intégrité physique des filles est une condition indispensable au progrès de la société.

Vers une transformation des mentalités

L'expérience montre que la loi seule ne suffit pas à éradiquer des pratiques profondément enracinées. Le changement repose sur une évolution culturelle profonde, portée par ceux qui refusent de transmettre cette chaîne de souffrance. Pour ces jeunes militants, l'enjeu est clair : le Mali ne pourra atteindre ses objectifs de développement durable sans une remise en question radicale des normes qui justifient encore aujourd'hui la mutilation des femmes et des filles.

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